par Mahed
9 novembre 2016

Les start-ups du travel déclinent les succès des leaders du marché. Cette tendance s’est-elle confirmée lors de cette seconde journée du Web Summit ? Dans une certaine mesure, oui. Toutefois, certaines d’entre elles ont su retenir notre attention par leur capacité à proposer une rupture par rapport à l’existant.

Sur la route, rien de nouveau
Réserver un bus entier pour effectuer un trajet door to door, c’est la promesse que fait la start-up espagnole Bus Up. Simplicité, convivialité, voyage en groupe, tels sont les credos de Bus up. Créée en 2015, l’application propose à l’utilisateur de choisir un événement (concert, mariage, rencontre sportive…), d’y associer un point de départ et d’arrivée, et un nombre de places, pour pouvoir réserver le bus adapté à ses besoins. Question coût du trajet, Bus Up s’appuie sur un algorithme tenant compte de la distance et de la région traversée. Voyager en nombre avec ses amis, ou des inconnus, c’est désormais possible grâce au système de réservation ouvert à tous. 
Prenez Uber, remplacez les voitures par des bus, mélangez avec Blablacar, et vous obtenez Bus Up, un concept simple, mais finalement peu disruptif. 

Si l’on se réfère à la Stratégie Océan Bleu de W. Chan Kim et Renée Mauborgne, les start-ups du Web Summit semblent baigner dans un Océan Rouge. De là à généraliser ce constat à l’ensemble des start-ups du domaine, il n’y a qu’un pas, que nous ne franchirons pas au vu de l’inventivité dont font preuve certains. 

Inventivité et disruption comme maîtres mots
Souvent, le constat des start-ups qui se lancent dans le travel est le même. Lorsqu’ils choisissent une destination, les voyageurs n’ont pas forcément d’idée précise de ce qu’ils souhaitent y faire.

C’est dans cet esprit que nos voisins Suisse de Destination mobile proposent DayCaddy. Vous vous trouvez dans l’une des 41 villes européennes couvertes par l’application et vous ne savez pas comment planifier votre séjour ? DayCaddy s’en charge pour vous ! Selon le profil (grand voyageur, résident, pressé…) défini, du lieu, du moment de la journée et de la météo, DayCaddy fait une sélection “intelligente” des activités (réservables directement depuis l’application) susceptible d’intéresser l’utilisateur. 

Dans la même lignée, l’application Travie a pour ambition de personnaliser au maximum l’expérience des touristes. Pour cela, la solution se base sur une collecte de données issues du profil Facebook des utilisateurs. L’application parvient donc à déterminer les centres d’intérêt du voyageur pour lui proposer des activités pertinentes selon la destination et le budget définis. Bien entendu, nombreux sont celles et ceux qui ne souhaitent pas associer leur compte Facebook à une application. Travie a prévu le coup en donnant la possibilité d’accéder à un système de swipe “comme Tinder” pour paramétrer le compte et définir ses centres d’intérêt soi-même. Mais la start up Chinoise va plus loin. Dotée d’un principe de machine learning, l’application peut adapter ses suggestions de planning en se basant sur une démarche empirique et répondre au mieux aux besoins réels des touristes. Un élément du planning ne convient pas à l'utilisateur ? Aucun souci, des modifications peuvent être apportées à la main. L’application s’assure ensuite que le nouveau planning reste réaliste et réalisable. Comme avec DayCaddy, l’application fait plus qu’informer, elle permet de réserver vols, hôtels, spectacles, voitures...

Vous assurer que vous ne serez pas déçus de vos choix d’activités. C’est ainsi que l’on pourrait résumer la valeur ajoutée de Wanderscape. Au-delà de la suggestion d’activités grâce à la récupération des données en provenance des réseaux sociaux, Wanderscape propose de vivre ses activités (plongée, visite de musée, visite de monument...) avant l’heure grâce à la réalité virtuelle. Se téléporter en un clin d'oeil en plein milieu de l'océan et explorer les fonds marins par exemple. Prometteur n'est-ce pas ? Aux croisements entre le réseau social (suivre des voyageurs et leurs futures activités) et la plateforme de réservation en ligne (lire et poster des avis, réserver depuis l’application…), la start-up Trinidadienne est particulièrement ambitieuse.

De nombreuses applications proposent, entre autres, la réservation en ligne. Mais TripR a choisi d’en faire sa fonctionnalité principale. Un trajet, ça débute bien avant l’embarquement dans son avion, et l’algorithme de la plateforme TripR permet de planifier et réserver un trajet door to door “en moins d’une minute”. L’application se charge de regrouper les différents moyens de transports qui permettront à l’utilisateur d’arriver à destination en un minimum de temps. “Une sorte de City Mapper donc…” nous direz-vous. Pas tout à fait. Parce que le potentiel de TripR est d’avoir un contrôle sur les moyens de transports proposés. Pour un vol par exemple, l’utilisateur est libre de choisir la compagnie aérienne avec laquelle il souhaite voyager et le coût se mettra à jour selon son choix. Pour réserver le trajet entier (tout transport compris), un clic suffit. Au final, c’est la garantie d’une expérience utilisateur mêlant simplicité, et customisation maximale.

Le secteur du travel est finalement bien plus diversifié que ne le laissait présager la première journée du Web Summit. Et certaines start-ups n’hésitent pas à sortir des sentiers battus pour proposer des solutions aussi diversifiées que prometteuses.

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