En ce moment, nous sommes à Austin pour le festival South by Southwest. 
Voici ce que nous avons retenu de notre premier jour sur place.

The future of farming

De l’animal aux machines, de l'humain à l’automatisation, l’agriculture continue de se moderniser grâce aux capteurs et aux data sciences. Mais elle fait aujourd’hui face à d'important enjeux environnementaux, d’augmentation de la production tout en réduisant ses émissions de déchets. Les technologies peuvent y contribuer par la collecte et l’analyse approfondie des données mais cela suffira-t-il ? Frog Design a mené une étude pendant 2 ans dans plusieurs pays en développement et ils en ont tiré quelques insights. Notamment, l’agriculture reste une fierté pour beaucoup mais elle ne fait plus vraiment rêver la jeunesse. Par ailleurs, les consommateurs recherchent de plus en plus des produits de qualité. Entre des vocations qui s'éteignent et des consommateurs en recherche de maîtrise de leur alimentation, allons-nous tous demain cultiver notre jardin ? C'est ce que parie la société Grovelab qui propose un écosystème permettant d’avoir un jardin de produits bio chez soi (même en appartement !).

Trust me, I'm an algorithm

Depuis quelques années les marques font face à de nouveaux types de concurrents : des algorithmes ! Ces derniers accompagnent de plus en plus la prise de décision des individus  en réduisant la complexité de leurs choix. Les algorithmes ne seraient-ils pas en train de prendre la place des marques qui agissaient comme un phare dans la nuit pour guider le consommateur dans la complexité des rayons de son supermarché favori ? Comment les marques peuvent-elles regagner la confiance des utilisateurs face aux algorithmes ? C’est la question qui taraude Martin Harrison, directeur de la Stratégie chez Huge Londres. Sa réponse : s’humaniser (ça les algorithmes ne peuvent pas le faire !), entourer les produits d’une couche de service et occuper le terrain digital en étant présent au bon moment. Et donc, pour lutter contre les algorithmes les marques devraient donc… devenir des algorithmes ? C’est là où Mr Huge s’emmêle un peu les pinceaux : il semble oublier que les algorithmes font déjà partie des marques et participent à l’expérience des clients, pensons à Spotify qui me fait découvrir de nouvelles chansons. Plutôt qu’une opposition et si c’était la complémentarité marque+algorithmes qu’il fallait penser ? 

Dark times for dark patterns : ethical alternatives

Chaque nouvelle start up qui se lance peut elle aussi être tentée par le côté obscur. Après tout, Dark Vador lui aussi voulait changer le monde. Les dark patterns ce sont des ruses de design visant à vous faire faire des choses que vous n’avez pas vraiment envie de faire. Du pieux mensonges à la manipulation cognitive, il s’agit bien de tromper les utilisateurs pour se développer. Et ça marche. Pire, ça marche même très bien. C’est parce qu’ils sont efficaces qu’ils sont massivement utilisés : outils de tri sans option de sens, assurances pré-incluses lors d’un achat, publicités déguisées ou encore cette impossible désinscription d’une newsletter qui agace profondément… pas besoin d’en énumérer d’avantage pour comprendre que les dark patterns sont partout et sont nombreux.
Cependant, leur utilisation commence à faire débat. Les limites de leur efficacité se font sentir. Certains dark patterns ont des conséquences juridiques – Linkedin a dû payer 13 millions $ suite à une class action pour son usage de friends spam. Et en dernière instance ce sont toujours les utilisateurs qui ont le dernier mot, d’autant qu’ils ne sont pas naïfs et que des alternatives aux dark patterns existent. C’est alors que le designer est en proie à des questions sur son métier et son éthique.

Internet of you. Wearables and underskin marketing

L’Internet of Things, c’est déjà dépassé ! La multiplication des wearable techs nous font rentrer dans l’Internet of YOU (et ouai !). En effet, les utilisateurs sont de plus en plus au centre de ces nouvelles technologies. Des montres connectées de plus en plus étudiées pour vous simplifier la vie quotidienne aux hologrammes projetés dans votre salon un soir de match pour vous apporter des informations complémentaires ou rejouer des actions en 3D sur la table basse, ces technologies permettent une nouvelle sorte de marketing. L’enjeu n’est pas tant celui de collecter des données de l’utilisateur mais de parvenir à les analyser et de produire des conseils en conséquences. UnderArmour par exemple se vante de pouvoir vous recommander vos séances de sport en fonction de votre régime alimentaire. Il est tout de même intéressant de voir que nos amis outre atlantique comptent sur quelques applications plutôt que sur l’éducation, pour tenter de résoudre ce genre de problèmes. 
À ce stade, on peut légitimement se demander s’il s’agit d’une tendance de fond, les gens vont-ils vraiment s’équiper ? En tout cas, qu’ils soient de Microsoft ou de Samsung, les intervenants ont l’air d’y croire : les capacités conjuguées du Cloud et du Machine Learning vont rendre les applications de plus en plus pertinentes – sous-entendu dignes de susciter l’intérêt du plus grand nombre. Pour les marques cela pourrait ouvrir de nouvelles opportunités de services ultra pertinents mais attention à la protection des données et à la “data fatigue” : trop de data, tue la data. Attention aussi à s’entourer des bonnes compétences pour créer la bonne expérience car plus que jamais, c’est cette dernière qui fera la différence. 

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