Si on tournait Starsky & Hutch aujourdhui, Huggy les bon tuyaux, le gars qui est toujours là au bon moment pour donner un bon conseil, serait probablement une app !

Mais ici à SxSW on est jeune et on ne se souvient plus d’Huggy, on parle plutôt de Wall-E. Et notamment des humains du futur mis en scène dans le film : ces êtres légumes, sauvés de l’apocalypse écologique sur Terre par une arche de Noé spatiale, errant dans l’univers, en ne faisant littéralement plus rien. Pourquoi ? Parce qu’ils n’ont plus besoin de rien, tout vient automatiquement à eux.

Allons nous construire un futur où l’ensemble de nos désirs seront si bien connus et les réponses associées si bien automatisées, que nous aurons, comme eux, vraiment plus rien à faire, plus rien à décider, plus rien à choisir, puisque tout sera déjà là ?

On peut déjà vivre à 100% à la demande : comme nous le rappelle un responsable de l'expérience utilisateur d’AirBnB, une dizaine d’applications dans mon iPhone suffisent pour ne plus avoir à sortir de chez moi et, dès que j’en ai envie, satisfaire mes moindres désirs.

Je peux même ne plus avoir à voyager puisque qu’un Samsung GEAR ou un Rift peut m'emmener surfer dans le tube d’une vague Tahiti depuis mon canapé.

Mais pourquoi attendre de décider ce dont j’ai vraiment envie? Le CDO de McDonald’s s’interroge sur la meilleure manière de remonter la chaîne temporelle de la décision. Comment vous proposer un Big Mac dès les prémices d’un vague sentiment de faim ? Ce serait plus simple non ?

L’être humain prendrait environ 35 000 décisions par jour. C’est fatigant… Et voilà la promesse et le succès des algorithmes, ils proposent de nous rendre la vie plus simple. Waze me dit de tourner à droite, Nest gère la température idéale de ma maison, et NEtflix me montre les films que je vais aimer.

Pour Martin Harrison, Directeur de la Stratégie chez Huge, il y a 2 types d’assistance par algorithme : les algorithmes qui aident à décider, les algorithmes qui aident à découvrir. Ces derniers sont encore plus forts puisqu’ils sont capables d’analyser nos goûts et nos envies pour les anticiper. C’est bien ce que fait déjà Spotify avec ses playlists personnalisées.

Au moins peut on encore choisir ce qu’on achète au supermarché n’est ce pas? Et bien sans doute plus pour très longtemps. Michael Scharge, chercheur au MIT, nous promet la révolution de la distribution par la data et le “machine learning” (la capacité apprenante d’un logiciel). Les recommandations produites par les algorithmes seront bien meilleures que les curations humaines. Pourquoi ? Parce qu’en apprenant tout sur nous, ils en deviennent infaillibles ce qui n’est pas le cas des conseils de ma mère, du commerçant, ou de “l’influenceur”.

Et voici la question qui va donner des insomnies à tous les marketers de la planète. L'avènement des algorithmes annonce-t-il la disparition des marques?

Je n’ai vraiment plus besoin de savoir que Le Chat Machine est une bonne lessive puisque c’est l’algorithme qui me dira ce que je dois acheter.

Et ce n’est pas fini !  Rajoutez les “wearables” (montre, bracelet, lunette, chaussure... connectés) dans l’équation et voilà que les données récoltées sont toujours plus personnelles, toujours plus contextualisées et donc permettront encore et toujours plus de précision et de pertinence dans le conseil ou la recommandation. Ne jamais se tromper : c’est l’objectif que nous annonce le représentant d’UnderArmour (suite d’applications santé, sommeil et fitness). Rendre impossible que vous puissiez ne pas être intéressés par ce que l’algorithme va vous proposer.

Le vrai problème des algorithmes c’est qu’ils nous font encore un peu peur. Peut on vraiment leur faire confiance? Ils nous surveillent et ils ne sont pas “sympas”.

Or, nous sommes avant tout des êtres émotionnels -  et non rationnels -  nous rappelait avec justesse Brené Brown (chercheuse à l’université de Houston) lors de la seule conférence dont on aura presque autant parlé que celle d’Obama.

Amazon, Google, Microsoft et les autres l’ont bien compris. Si l’algorithme peut battre le champion du monde de GO, si on peut déjà lui parler avec Echo, et si il peut repérer les signes de syndrome post traumatique des vétérans d’Irak rien qu’en les observant, il pourra bien devenir notre copain. Comme Huggy.

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