Au programme ce mois-ci

Santé
Les applications de santé doivent-elles être mieux cadrées ? - les biotech (startups scientifiques) sur le point de révolutionner la santé ? • A lire ici

Retail
Les spéculations sur Amazon Go • L’avenir est dans le B2B • La bataille logistique continue de faire rage • La FoodTech érode les revenus des retailers • A lire ici

Assurance
Les courtiers disparaîtront-ils?  • Les effets positifs de la loi Hamon • L’assurance sera à la demande...ou pas ! • A lire ici

Fintech
Le bilan de l’année 2016 • Zoom sur les réglementations qui vont changer le marché • Vers une banque plateforme ? • A lire ici



 

Travel
Airbnb et Uber : l’odyssée continue, et pour les autres, la différenciation à tout prix ? • A lire ici

 

Retail

Amazon Go & spéculations

Ces deux derniers mois, le concept Amazon Go a continué à faire parler de lui ! Et les rumeurs - toujours démenties ou ignorées par le géant américain - vont bon train. Certains parlent de l’ouverture de 2000 épiceries similaires à l’horizon, d’autres de 18 points de vente physiques de la taille d’un supermarché. Alors que les premières devraient ne proposer que les 20% des produits qui génèrent en moyenne 80% des revenues d’une épicerie, et compléter leur gamme à l’aide de bornes tactiles, les seconds pourraient prendre la forme d’un Aldi ou d’un Lidl tant en termes d’offre que de gamme. Quant à la stratégie de Jeff Bezos, là aussi les spéculations sont ouvertes. A l’image de sa librairie de Seattle dont les prix sont plus élevés pour les clients sans abonnement prime, Amazon Go pourrait, pour les uns, servir comme arme de conversion de nouveaux clients au service Prime, pour les autres représenter une opportunité d’augmenter sa part du gâteau sur un marché alimentaire estimé à 800 milliards de dollars. Mais si l’on n’arrête pas de parler d’Amazon, notons que son homologue chinois Alibaba compte lui aussi étendre son empire avec des points de vente physique, comme le démontre son achat récent d’un opérateur de centres commerciaux.

Les pratiques de courses sont d'ailleurs très culturelles. Si le Drive est bien implanté en France et alors que Leclerc entend même l’étendre à son service de pressing, outre-Atlantique c’est une toute autre histoire. Walmart vient tout juste d’investir dans le format, et les récentes construction d’entrepôts d’Amazon laisseraient présager l’ouverture de nouveaux formats de type click & collect. Dans un autre registre, si Amazon Go semble être révolutionnaire, les clients Américains, jusque-là très bien servis, vont devoir apprendre à mettre eux-même leurs courses en sac. Heureusement que cet article de Mashable est là pour les accompagner dans cette douloureuse transition. 

Dans le retail, le B2B a de l’avenir

Les Marketplaces sont devenues incontournables dans le retail, représentant une opportunité B2B pour de nombreux acteurs. Ainsi Mirakl commercialise une solution logicielle de création de places de marché. RangeMe, de son côté, a même imaginé une marketplace dédiée entièrement aux services achats des retailers. Sa solution permet aux fournisseurs de référencer leurs produits auprès des acheteurs, et aux retailers de découvrir et sélectionner de nouveaux produits éligibles à la vente tout en respectant leurs workflows.

la bataille logistique continue de faire rage

Côté logistique, la bataille continue. Colis Privé entend optimiser la livraison grâce à des boîtes à colis connectées installées directement chez les particuliers. Un moyen d’éviter le passage obligatoire par la Poste en cas d’absence et de simplifier les processus d’instance et de reprogrammation de livraison. Le modèle économique de ces installations est encore à déterminer.  Ocado, l’e-commerçant spécialisé dans la livraison de produits frais et périssables revendique un degré d’automatisation supérieur à son concurrent, Amazon. L’entreprise a récemment déposé 70 brevets dans de divers domaines, de la logistique à la robotique en passant par l’infrastructure, selon cet article de l’Usine Digitale. Et c’est sans parler de sa volonté de “livrer les bonnes courses au bon moment sans même que le client n'ait à le demander”. Enfin, impossible de parler d’excellence opérationnelle sans évoquer une nouvelle fois Amazon, qui se penche sur un projet d’entrepôt volant visant à optimiser la livraison par drone…

La foodtech érode les revenus des retailers 

L’environnement retail est hautement concurrentiel, y compris dans le domaine alimentaire. Cet article de Business Insider nous indique même que les activités de livraison de kit de repas commencent à éroder les revenus des supermarchés. Carrefour a donc décidé de se lancer dans ce créneau en testant sa propre box “simply you” en Belgique. Au-delà de la livraison de repas en kit, c’est l’ensemble de la foodtech qui tente de chambouler le marché. Mais en fait, qu’est-ce que la FoodTech ? Réponse dans cet article… spoiler alert : le secteur a levé 38 milliards de dollars l’année dernière ! Deliveroo, Take Eat Easy et autres startups sont d’ailleurs à l’honneur de cet article qui détaille en long, en large et en travers les différents formats de ‘food delivery’, avec leurs avantages et inconvénients. 

Petit bonus dans le contexte actuel - réel ou imaginé - de ‘guerre des prix’ : la loi Sapin II vient apporter des modifications majeures en matière de négociations annuelles.

 

Santé

Vers un cadrage des applications de santé ?

L’année 2016 a marqué une croissance exponentielle du nombre d’applications mobiles dédiées à la santé. De 165 000 en 2015, on en dénombre aujourd’hui 295 000 au niveau mondial. Si ces chiffres démontrent que le secteur se met petit à petit au digital, ils révèlent surtout une tendance à l’élargissement du marché de la santé vers celui du bien-être, comme en témoigne cet article : “ Les systèmes de santé ont toujours été pensés pour les malades, et non pas pour les patients sains. Le modèle de santé traditionnel est aujourd’hui bouleversé par une nouvelle préoccupation au-delà de la maladie, celle du bien-être”. Ainsi l’application de “suivi de fertilité” Clover vient de lever 20 millions de dollars et revendique plus de 5 million d’utilisatrices. Cette croissance exponentielle ne va pas sans poser des problèmes. En effet, la Haute Autorité de la santé a récemment publié ses recommandations de bonnes pratiques portant sur le développement d’applications mobiles et objets connectés de santé.

 Des recommandations qui viennent à point nommé, alors qu’un récent article de Mashable nous informe que les applications mobiles dédiées à la santé mentale pourraient même s’avérer dangereuses. En cause ? La majorité d’entre-elles seraient développés par des experts du digital...se donnant des objectifs purement digitaux. Ainsi popularité de l’application et taux d’utilisation deviennent des indicateurs de performance plus importants à suivre que l’évolution de la santé mentale des utilisateurs. En ce sens, la Haute Autorité de la Santé (HAS) appelle les concepteurs de telles applications à non seulement faire contrôler leur contenu médical par des experts, mais aussi à procéder à leur validation clinique. L’utilisation des données personnelles, la sécurité des applications et objets connectés, l’apport réel apporté au patient ou au praticien sont autant de sujets que la HAS met en avant afin d’améliorer la qualité des applications de santé. Enfin, l’article nous apprend que 10 pays européens ont annoncé vouloir mettre en place un système officiel dans le but d’évaluer la qualité, la sécurité et la fiabilité de la santé mobile. En France, à l’heure actuelle, aucun programme institutionnel de cette envergure...A voir si les recommandations de la HAS débouchent sur d’autres initiatives.

Les biotech ont la côte !

Les GAFA eux-même commencent à investir le secteur. Cet article nous raconte notamment qu’Apple a échangé régulièrement avec la FDA ( Food and Drug Administration) au cours de l’année , afin de mieux s’informer sur les contraintes réglementaires pesant sur le développement d’applications de diagnostic ‘et autres produits de santé’. Au-delà des services purement numériques, le secteur de la santé s’est dernièrement dynamisé via une nouvelle vague de startups scientifiques. En effet, si l’on a noté une légère baisse des investissements dans le secteur de la e-santé l’année dernière, avec un ticket moyen à 13,8 millions de dollars, les HealthTech oeuvrant dans le domaine de la génétique et du séquençage ont levés pas moins de 10% du montant total des investissements dans le secteur, soit 410 millions de dollars. Dans ce domaine les techniques de séquençage du génome se sont déjà fortement industrialisées et démocratisées lors des 10 dernières années. L’arrivée de CRISPR a elle contribué à rendre beaucoup plus accessibles (financièrement et techniquement) la modification des génomes, donnant lieu à l’apparition de toute une panoplie de nouvelles HealthTech. Cet article de Techcrunch explique le fonctionnement de CRISPR, alors que celui-ci d’InternetActu fait le point sur les opportunités et les craintes générées par les nouvelles pratiques basées sur CRISPR.

Fintech

Le bilan de l’année 2016

Le monde de la banque et de la finance n’a pas échappé aux traditionnels bilans de fin d’année, et ce sont notamment les conclusions de KPMG qui ont retenu l’attention de la presse. L’enquête du cabinet confirme notre impression d’un assagissement du secteur. En effet, la tendance en investissement capital-risque dans les fintech est à la baisse. Les principaux fonds interrogés par le JDN dans cet article nous expliquent que certaines tendances continueront néanmoins à retenir leur attention dans l’année à venir, à savoir :

  • la cybersécurité et la détection de fraude
  • les enablers, c’est-à-dire des fintechs qui visent à fournir leurs outils opérationnels aux acteurs traditionnels
  • les services bancaires aux entreprises,
  • les services de transfert d’argent et de paiement mobile.

A l’inverse, robo-advisors et néobanques sortent petit à petit de leur radar. En effet, souvent en concurrence frontale avec les banques traditionnelles, ces dernières peinent à acquérir une base client suffisante. Et pour cause, il semblerait que seul le compte Nickel aurait réussi à atteindre la rentabilité dans ce domaine. Enfin, malgré les prédictions du cabinet Gartner qui fixe à 20% le taux d’interactions mobiles qui passeront par des agents conversationnels d’ici 2019, les banques ont encore du chemin à faire pour s’adapter. Selon cet article intitulé “Du multi-canal au phygital, 15 ans perdus”, le bilan des initiatives ‘cross-canal’ des banques est fortement mitigé. En cause ? Des silos organisationnels encore prédominants…

Zoom sur les réglementations qui vont changer le marché 

Une fois le bilan passé, il s’agit de se tourner vers l’avenir. Sur ce point, beaucoup s’accordent à dire,  à l’image de Philippe Méda, qu’il ne faut pas manquer de surveiller ce qui se passe en Chine, où les fintech sont particulièrement actives. Deuxième grand point d’attention pour l’année à venir : l’évolution des réglementations, qui devrait fluidifier le marché et le rendre plus concurrentiel, et ce malgré l’opposition annoncée de la Banque de France à l’instauration d’un bac à sable réglementaire en France. Né au Royaume Uni, le ‘sandbox’ est conçu comme un système de réglementation simplifié permettant aux fintech de tester leurs services dans un cadre sécurisé avant d’avoir à se conformer aux contraintes légales et réglementaires.

Au premier rang de ces évolutions réglementaires, la loi Macron vise à rendre le changement de banque plus facile via un mandat de mobilité qui entrera en vigueur le 6 février 2017. Changement de domiciliation bancaire des prélèvements/virements récurrents, et clôture des anciens comptes seront désormais à la charge de la nouvelle banque. Si les effets de cette loi se feront nécessairement ressentir, ils ne prendront probablement pas l’ampleur d’une transhumance d’une banque à une autre. A titre de comparaison, la loi Hamon dans le secteur de l’assurance n’a, elle, engendré que de faibles mouvements de clientèle entre assureurs (la loi Hamon vise à faciliter le changement d’assurance pour les clients) . 


Peut-être plus important encore, la BCE prépare le paiement instantané paneuropéen. Dans ce cadre, le numéro de téléphone pourrait ainsi remplacer l’Iban d’ici la fin de l’année 2017, et permettre à quiconque de régler ses frais auprès d’un acteur de l’Union européenne (particulier ou entreprise), avec le seul numéro de téléphone du bénéficiaire. De quoi fluidifier le marché européen et accompagner l’essor du paiement entre particuliers.


Pour terminer ce volet réglementaire, notons que la directive européenne sur les services de paiement révisée (DSP2) devra entrer en vigueur en janvier 2018. A partir de cette date, les banques auront l’obligation de transmettre à de nouveaux acteurs autorisés - établissements et intermédiaires de paiement - les informations des comptes de leurs clients. Concrètement, la mise à disposition obligatoire pour les banques d’API ouvertes viendra rendre le marché plus concurrentiel en permettant l’essor de toutes une panoplie de fintech. Un mouvement qui devrait concrétiser l’avènement d’une “ banque plateforme”.

vers une banque plateforme ?

D’ailleurs, ce mouvement vers une banque ‘plateforme’ agrégeant toute une panoplie de services en un seul endroit commence déjà à se concrétiser dans le domaine de la gestion des finances personnelles. Ces services qui consistent souvent à centraliser l’information des différents comptes bancaires des utilisateurs pour en donner une vue complète, se sont traditionnellement centrés sur des pratiques passives  (consultation - analyse). Ils entrent désormais dans une phase de développement d’offres plus ‘actives’, à l’image de Clarity Money. La startup propose ainsi de prendre en charge pour ses utilisateurs les démarches nécessaires à l’optimisation des dépenses inutiles (résiliation d’abonnements, négociations sur les prix avec les fournisseurs récurrents)  détectées au moyen de leurs algorithmes d’intelligence artificielle. Dans une autre veine Bankin, un agrégateur de comptes bancaires qui a récemment annoncé une levée de fonds de 8,4 millions d’euros, profite de la DSP2 pour proposer des services de virement bancaire entre comptes personnels ou vers des tiers. Les Fintech ne sont pas les seules à acter de ce changement, puisque la Caisse d’Epargne propose sa propre application d’agrégation de comptes, Banxo. L’application permet en outre de gérer son assurance depuis la demande de devis jusqu’à la gestion des sinistres. Enfin, si nous nous dirigeons vers une banque de plus en plus contextuelle, qui “substitue une évaluation personnalisée à des comparateurs en ligne trop génériques”, d’après Patrice Bernard, il reste encore du chemin à faire pour rapprocher les expériences bancaires des pratiques réelles de leurs utilisateurs, comme nous le décrivons dans notre étude sur le rapport des gens à l’argent.

 

Assurance

Les courtiers disparaîtront-ils ?

Le secteur de l’assurance n’a pas échappé au traditionnel exercice de bilan de fin d’année. Mais si les Fintech commencent à s’assagir, les Insurtech, elles, n’ont réellement commencé à faire parler d’elles que depuis 2016. Ainsi depuis le début de l’année, elles ont levé 1,36 milliards de dollars en capital-risque d’après le cabinet KPMG. Signe de cette émergence récente, les robo-advisors qui n’intéressent plus autant les investisseurs dans le domaine bancaire commencent tout juste à apparaître dans le monde de l’assurance ! Alors que les fintech voulant se substituer aux banques en matière de distribution de produits financiers commencent à perdre de la vitesse au profit de leurs consoeurs les ‘enablers’ (cf article ci-dessus), les insurtech opérant à 100% sur le web ont fleuri en 2016, et posent une panoplie de questions qui ne sont pas sans rappeler les craintes qui ont émergées...dans le secteur bancaire !

Au premier rang de ces craintes, la disparition annoncée des courtiers d’assurances, voire des agents généraux.  En effet, ici et là des ‘pure player’ de l’assurance entendent utiliser les nouvelles technologies pour baisser leurs prix et attirer de nouveaux clients grâce aux économies effectuées en terme de réseaux physique (agences) et humains (courtiers…). Une stratégie que la start-up Lemonade revendique publiquement : “Puisque nous n’avons pas de courtiers, nous ne sommes pas chers”. Mais attention car de nombreux articles modèrent cette crainte, à l’image de celui-ci. En effet, si l’apparition de comparateurs d’assurance et de pure-players permet d’augmenter la transparence sur les offres, de là à conseiller les assurés de manière personnalisée et contextualisée, il y a encore un long chemin à parcourir. Ainsi l’auteur de l’article estime qu’en expliquant tout simplement aux prospects la pertinence de telle ou telle couverture, ou de telle ou telle limite, les assurances pourraient améliorer le taux de conversion de 20 à 30%. Une explication que les assurés recherchent toujours auprès des courtiers et agents généraux, aux vues de la complexité des produits d’assurance, et de leurs enjeux...Encore faudrait-il sortir d’un vocabulaire et d’une culture trop ‘notariale’, pour mieux se faire comprendre des clients.

les effets positifs de la loi Hamon

D’ailleurs, cet article qui fait le bilan de la loi Hamon note une réelle amélioration des assurances dans ce sens. En effet, alors que 70% des assurés connaissent l’existence de cette loi leur permettant de changer plus facilement d’assureur, seulement 15% auraient décidé de l’utiliser. Néanmoins la loi aura eu pour intérêt d’augmenter la qualité des services rendus aux assurés. Afin de limiter les effets de la loi, les assurances ont eu pour stratégie  d’augmenter le coût de transfert d’une assurance à une autre pour leurs clients en les saturant d’offres multiples. Pour ce faire, elles ont oeuvré à une meilleure connaissance de leurs clients à l’aide d’outils Big Data. Fait encore plus marquant : alors même qu’ils se voient concurrencés sur leurs modèles de distribution, les assureurs ont entrepris de mieux ‘marketer’ leurs produits et offres et ont, pour cela, engagés commerciaux et marketeurs à la place des traditionnels juristes afin de se rapprocher de leurs clients.

 L’assurance sera à la demande...ou pas !

Parmi les prédictions qui ont dominé la presse spécialisée cette année, l’avènement d’une assurance ‘à la demande” et modulable selon les situations de vie commence aussi à poser question. Si certains s’en font les fervents défenseurs et annoncent qu’il est temps de mettre fin aux polices annuelles, pratique désuète datant du XVIIè siècle, d’autres ne croient guère en ce modèle, et en exposent même les risques inhérents. En effet la sur-personnalisation des polices d’assurance risquerait d’abord d’augmenter les primes et de mettre à mal le modèle mutualiste en excluant par le prix les profils les plus risqués. Il est d’ailleurs intéressant de constater que malgré l’émergence d’offres “pay how you drive”, les jeunes conducteurs continuent à payer leur assurance trop cher ! En outre, l’assurance à la demande suppose un transfert de responsabilité de l’assurance vers l’assuré quant à la décision face au risque. Ainsi la startup Slice permet à ses utilisateurs d’activer ou de désactiver telle ou telle police à n’importe quel moment...Un modèle intéressant mais qui ne tient pas compte du fait que la plupart des assurés cherchent à limiter au maximum leurs interactions avec leur assurance, sans parler du surcoût engendré pour celui qui aurait oublié de désactiver ses polices...Enfin, n’oublions pas l’utilité historique de l’assurance face aux risques imprévus et imprévisibles que le mouvement de debundling actuel pourrait mettre à mal. Terminons cette section par la conclusion de l’auteur, qui parle d’elle-même : “In other words, this new trend in insurance is penny-wise and pound-foolish. We certainly can do better”...Affaire à suivre.

 

Travel

Airbnb et Uber : l’Odyssée continue...

Lorsqu’il s’agit des secteurs du tourisme et du transport, Airbnb et Uber continuent à faire parler d’eux. Airbnb, d’abord, continue sur sa lancée de diversification de ses activités à l’ensemble de l’expérience de voyage. Après le lancement d’experience, son nouveau service de réservation d’activités auprès ‘des locaux’, l’entreprise a annoncé vouloir se lancer dans la réservation de vols. On ne sait pas encore si le projet, connu sous le nom de ‘Flights’, passera par le développement d’une solution propre ou par l’acquisition d’une agence de voyage en ligne… Dans un autre domaine encore, la startup Resy spécialisée dans la réservation de restaurants en ligne vient de lever des fonds…  Notamment auprès d’Airbnb, qui a injecté 13 millions de dollars à son capital. L’article recueille même une explication on ne peut plus claire de la part du CEO d’Airbnb : « Aider nos clients à trouver et réserver d’incroyables restaurants locaux est une partie stratégique de notre évolution partie du logement pour aller jusqu’à la gestion du voyage en entier. Nous ne pouvons pas penser à un meilleur partenaire que Resy pour nous aider à rendre cela possible. ». Une stratégie que Michelin tente aussi d’adopter. Enfin, cet article nous révèle qu’Airbnb compte désormais accorder plus d’attention au segment du voyage d’affaires, qui représente  à l’heure actuelle 70% des revenus de l’industrie hôtelière. 

Uber a quant à lui défrayé la chronique ces derniers mois. Alors qu’un article de Business Insider nous révélait les 9 meilleurs restaurants de San Francisco selon Uber, les suspicions ont commencé à monter sur les moyens utilisés par l’entreprise pour en arriver à ces conclusions...jusqu’à ce que cet article de Mashable nous révèle que l’application Uber continuerait désormais à traquer la géolocalisation de ses utilisateurs jusqu’à 5 minutes après qu’ils soient sortis de leur VTC. Le classement des 9 meilleurs restaurants de San Francisco par Uber n’est en outre pas si anodin que cela, si l’on considère qu’en novembre dernier l’entreprise avait déjà annoncé vouloir se lancer dans la location de véhicules à courte durée. Alors qu’Uber tente de mieux s’intégrer dans l’écosystème des déplacements urbains, comme le démontre le lancement de sa plateforme de partage de données de déplacement (à noter que la RATP vient d’investir un million d’euros afin de développer des API ouvertes donnant accès aux horaires des transports en temps réel), il semblerait que l’entreprise teste en parallèle une extension touristique des ses services. Et c’est sans parler de l’ajout de “Calendar Shortcuts” à son application, une fonctionnalité permettant à ses utilisateurs de mieux planifier leurs déplacements. Si cette nouveauté devrait d’abord et avant tout permettre à Uber d’optimiser son algorithme de répartition des véhicules, on peut se demander si l’entreprise n’y trouvera pas aussi un application touristique.

… et pour les autres, la différenciation à tout prix ?

Face à une offre de déplacement et de tourisme de plus en plus concurrentielle, et dont les géants mènent la danse, startups comme acteurs traditionnels tentent de se démarquer à leur manière. C’est ainsi que la SNCF a annoncé en décembre le déploiement de l’internet haut débit sans fil sur certains de ses trajets. D’après cet article il s’agit pour la SNCF  “d’apporter un service supplémentaire dans la concurrence multi-modale de transport : dessertes régionales en avion, cars Macron...”. La connectivité en voyage, un créneau sur lequel se positionne Osmozis. Cette entreprise spécialisée dans les réseaux wifi pour campings et villages de vacances vise d’ailleurs une entrée en Bourse sur Alternext Paris, d’après cet article. L’entreprise a atteint pour son exercice 2016 un chiffre d’affaires de 8,2 millions d’euros. D’autres acteurs s'assoient sur la spécialisation pour se différencier, c’est ainsi que clickboat qui oeuvre dans le domaine du nautisme collaboratif, a réussi à lever 1 million d’euros.  De son côté Flyoff renverse la logique de réservation de vols en ligne en proposant “aux voyageurs de partir en vacances ou en voyage d’affaires aux prix qu’ils le souhaitent”. Enfin, un hôtel de la Silicon Valley à décidé de laisser le soin à une flotte de robots de s’occuper du room service, une initiative que cet article de Techcrunch a décidé d’aborder comme un exemple parlant des récentes évolutions robotiques plutôt que comme une réelle innovation touristique.

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