Previously on How I met the Studio

Si vous avez manqué les épisodes précédents, c’est par ici ;)

Rappelez-vous, au début de la saison nous apprenions qu’unknowns et aussi un studio d’innovation (sisi je vous jure). Malheureusement son premier bébé n’a pas convaincu Marc Zuckerberg, et il a fallu pivoter. C’est là que nutz est née, superbe application de prise de note orientée sur les loisirs. Et cette fois, Marie, Mahed et Sophie ont voulu faire les choses bien, en allant tester le concept directement auprès des utilisateurs….

Le traditionnel épisode “flashback”

La Websérie How I met the Studio reprend du service en ce début d’année 2017, et nous ne dérogeons pas au traditionnel exercice de l’épisode Flashback devenu une norme dans le champ cinématographique. Vous savez, cet épisode qui au lieu de faire avancer l’histoire creuse dans le détail les évènements passés. Ne vous inquiétez pas, nous ne sommes pas en pleine grève des scénaristes, ni en crise budgétaire… Alors, pourquoi ce flashback ? D’abord parce que nous avons omis de vous parler d’Anis dont les doigts magiques de codeurs sont à l’origine de l’application nutz, et d’Antoine qui s’est prêté à l’exercice de recettage de notre bébé. Un big up donc à nos deux stagiaires, et bon vent à vous dans vos nouvelles aventures ! L’hommage de rigueur étant réalisé, passons aux choses sérieuses ! 

Nous vous avions promis, dans l’épisode précédent, de vous expliquer notre méthode de tests utilisateurs plus en détail, et le jour J est enfin arrivé. Rappelez-vous, nous souhaitions évaluer la pertinence de nutz, et sa capacité potentielle (ou non) à remplacer des systèmes de prise de notes déjà existants. Pour ce faire nous avons conçu une méthode dont la pierre angulaire était… un carnet de bord.

Le carnet de bord du bon écolier

Pierre angulaire ? Rien de moins, en effet. Qui aurait pu imaginer que, derrière cette couverture vert post-it, se cachait un dur labeur, à la fois pour nous… Et pour nos testeurs ?

Comme nous vous l’annoncions au dernier épisode, la prise de notes est un geste intime, quotidien, en phase avec la personnalité et les comportements sociaux de chacun. La compréhension de cette réalité demandait donc un temps de test assez long, afin d’appréhender l’ensemble des usages de nos testeurs et de cycle de vie de leurs “notes” (de la formulation de l’idée à l’inscription de la note, puis à son utilisation et à son éventuelle suppression). Nous remercions aussi nos testeurs pour leur discipline et leur engagement, grâce auxquels nous avons pu approcher de ce geste (prise de note et mémorisation des loisirs) dans sa dimension quotidienne et rituelle. C’est ainsi que nous nous sommes accordés sur une première phase de test de deux semaines, pendant laquelle nos testeurs devaient quotidiennement remplir leur carnet.

Un carnet que nous avons séquencé en trois parties bien distinctes. Si la première n’était qu’une mise en bouche nous permettant de faire connaissance avec nos répondants, (fréquences d’accès aux loisirs, moyens utilisés pour s’informer et retenir les informations etc.), la seconde constituait le coeur du sujet. Composée d’une série de questions se répétant à l’identique et inlassablement chaque jour (le testeur avait-il entendu parlé d’un film / d’une musique ou tout autre suggestion de loisir ce jour-là ? L’avait-il noté ? Où, comment, pourquoi…? etc.). Son objectif était d’inscrire le carnet dans un rituel permettant l’introspection et la mise en distance d’une pratique souvent spontanée et faisant peu l’objet d’un recul sur soi. Ce rappel quotidien nous a d’abord permis de nous concentrer sur les gestes réels, non médié par le filtre de l’habitude ou ré-interprétés au travers du souvenir. Il a eu pour effet de rendre visible des comportements et rituels de nos testeurs souvent inaperçus. Enfin, à la fin de chaque semaine, une sorte de bilan permettait aux répondants de faire le point sur “l’après prise de note” (la note avait-elle été supprimée, rangée? etc.)

Alors oui, notre dispositif de test était long, un brin répétitif et relativement contraignant pour les répondants. Mais tous se sont prêtés au jeu, et si certains nous ont avoué avoir eu un peu l’impression de retourner au CP, d’autres l’ont beaucoup apprécié et ont même commencé à se confier à leur carnet comme s’il s’agissait d’une sorte de journal intime !

Ou comment tester une appli… sans appli

Là c’est peut-être le moment où vous vous demandez : mais en quoi tout ce foin a-t-il permis de tester l’application nutz ? Et vous n’avez pas totalement tort car, tout au long de cette première phase, nos testeurs n’ont pas utilisé nutz une seule fois ! Plusieurs raisons ont guidé ce choix, vous allez vite comprendre...

D’abord, et ce n’est plus un secret de nos jours : ce n’est pas parce qu’un testeur dit qu’il est intéressé par un produit ou un service qu’il l’utilisera par la suite. Ensuite, nous voulions à tout prix éviter l’effet “client mystère”. En effet nous voulions pouvoir nous faire une idée précise des personnes que nous avions en face de nous. Et nous savions qu’à leur présenter nutz trop rapidement, nous risquions de les mettre immédiatement en position d’évaluateurs. Or le but n’était pas qu’ils jugent l’application d’une façon apparemment objective, mais bien qu’ils l’appréhendent au travers de leur propre sensibilité, à l’aune de leurs pratiques réelles et personnelles.

Notre question était en fait simple : nutz est-il susceptible de remplacer (pour mieux, hein !) des habitudes et gestes déjà existants (prise de note, mémorisation des loisirs), ou d’en créer de nouveaux ? Et pour cela, il nous fallait comprendre les habitudes de nos testeurs. Mais rassurez-vous, in fine nous avons quand même fini par montrer nutz à nos testeurs. Plus conventionnelle que la première étape, ce deuxième temps nous a d’abord permis de mieux mesurer les qualités et défauts de l’application en elle-même (fonctionnalités, contenu, design d’interaction, identité…). Et, une fois n’est pas coutume, nous partageons avec vous un petit spoiler : les résultats sont plutôt positifs. Enfin d’après l’analyse de Marie, Mahed et Sophie...

Dans le prochain épisode

Fini les flashback, vous en saurez plus sur les résultats du test ! Marie, Mahed et Sophie présentent les résultats à toute l’équipe lors d’une warroom spéciale destinée à décider de l’avenir de Nutz… On s’arrête là ou on passe à la vitesse supérieur ? Stay tuned.

 

Les épisodes précédents

  • S01E00 : On apprend qu’unknowns est aussi un studio d’innovation !
  • S01E01 : Le premier produit du studio, TopR, n’est finalement pas une Killer App susceptible de se faire racheter par Marc Zuckerberg
  • S01E02 : Le studio pivote pour produire nutz, une application de prise de note orientée sur les loisirs
  • S01E03 : Marie, Sophie et Mahed renouent avec leur foi en l’utilisateur et sont partis sur le terrain pour tester le concept de nutz.

 

Comment