Nous sommes toujours au SXSW à Austin, et nous avons encore plein de choses intéressantes : L'identité de demain, le futur du retail, les voitures autonomes et l'intelligence humaine. Voici ce qu'il fallait retenir de cette deuxième journée !

The Future of You: Identity Tomorrow

ID company, LinkedIn, Docusign ou encore SureID nous parlent des différents challenges liés à l’identité de demain. Le partage d’identité existe depuis plus de 14 ans pour avoir un accès aux bases militaires. Maintenant c’est le marché du B2B (accès à l’entreprise) et du B2C (accès à la maison) qui s’en inspire grâce à l’arrivée de l’automation et de la biométrie. La vraie opportunité est la biométrie car elle va éliminer le besoin d’un mot de passe et le TouchID de l’iphone le montre parfaitement.
Ces nouveaux enjeux suscitent l'intérêt des entreprises mais aussi des gouvernements qui doivent faire face à des problèmes de sécurisation de données, de validations des données (toutes les informations qui me concernent) et d’authentification (pour prouver qui je suis). 
En effet, de plus en plus de personnes possèdent plusieurs comptes facebook. Etant donné que Facebook Connect est le plus grand système d’authentification, le challenge est de valider que le profil facebook correspond bien à la personne.
Lindsey Edwards, directrice produit de LinkedIn Connect, nous explique que son équipe réfléchit à un système de profils certifiés, ou encore à une validation des expériences en prouvant que le collaborateur a bien fait parti d’une entreprise pendant plusieurs années.
Mais il ne faut pas oublier la douleur des utilisateurs. Du site de rencontre jusqu’à l’obtention d’un prêt bancaire en passant par un passage de frontière, l’utilisateur devra prouver son identité en se loggant ou par la biométrie. Il faudra donc trouver une solution au croisement des besoins utilisateurs : sécurité, intimité et utilité. Les entreprises et les gouvernements ne pouvant se mettre d’accord sur un système d’authentification unique, c’est tout un écosystème de solutions spécifiques à chaque usage qui devront cohabiter.  
Les banques, l’industrie du retail et les gouvernements seront les moteurs de ce changement. Les pays nordiques sont les plus avancés car les banques ont pris cette initiative en accord avec les gouvernements. 

 

Retail’s future : community=commerce

Dans un monde où chaque désire du consommateur est à porté d’un clic, Sonja Rasula, fondatrice de Unique Markets, nous donne son point de vue sur l’avenir de l’industrie retail. Le message de la fondatrice est clair “Skip the mall – come shop at Unique LA instead!”. Du bijoux à la décoration de maison, ces magasins popup, promeuvent l'économie local en permettant de rencontrer directement des designers et des artistes. Aujourd’hui cela représente 325 vendeurs, 1 000 acheteurs et 15$ par tickets vendus. Pourquoi cela marche si bien ? A l’heure où le shopping est impacté par le numérique, la tendance est à une expérience full digital comme avec l’apparition d’Amazon Go. Or, le consommateur est de plus en plus avide d’un besoin d'interaction au sein d’une communauté. 
Quels sont ses secrets d’une expérience retail réussie ? 

  • “Experience is everything” : L’objectif premier est de convertir chaque shopper en acheteur.
  • “Decisions are emotional” : Sonja insiste sur l’importance de créer un story telling autour du vendeur. Créer une expérience partagée avec les autres en lien avec les valeurs des consommateurs est un facteur de réussite. 
  • “Not just customers, but community” : Il faut se connecter avec chaque utilisateur pour en faire un client fidèle et ambassadeur. Se connecter avec ses clients c’est bien, mais les engager c’est mieux. Là encore le besoin d’une expérience interactive prend tout son sens. Unique Markets engage ses consommateurs tout au long du parcours d’achat (avant, pendant et après) avec un contenu qui apporte de la valeur. La marque n’hésite pas à interagir sur les réseaux sociaux pour répondre en direct aux consommateurs.
  • “Creativity is king” : La technologie permet de créer une personnalisation omnichannel pour chaque consommateur soit confronté à ses besoins spécifiques et soit en contact avec la marque tout au long de son expérience.
 

Uncovering autonomy’s blind spot

Aujourd’hui c’est Padmasree Warrior, CEO de NIO aux États-Unis, qui nous parle de voiture autonomes et des idées reçues à oublier en ce qui les concernent. 
Tout d’abord, elle nous rappelle que la voiture est est le produit le plus ambitieux de l’histoire de l’humanité, puisque cela commence dès tout-petit, jusqu’à devenir plus tard la possession la plus importante pour de nombreuses personnes. Elle rappelle également que nous passons 17% de notre temps dans nos voitures, et qu’aux États-Unis 30% des revenues des foyers sont liés à la voiture. En effet les voitures sont un véritable fléau et les chiffres le prouvent : elles sont polluantes et c’est un problème mondial avec 3 millions de morts par an; elles sont génératrices d’accidents (1,3 millions de morts et entre 20 et 50 millions de blessés); elles sont sources de perte de productivité, puisqu’il est estimé que les américains perdent 1,8 trillions de minutes par jour à cause des temps de trajet travail-maison. Et ce temps ne fait qu’augmenter, sans parler des conséquences sociales et sur la santé.C’est pour cela que Padmasree Warrior affirme que les véhicules autonomes auront un impact économique immense, et que c’est la réponse à ces problèmes, malgré les enjeux à démystifier. 

  • La performance et l’autonomie peuvent aller de pair. Dernier exemple en date, le record battu pour la NIO EP9, qui est donc la voiture électrique la plus rapide du monde. 
  • Les voitures autonomes améliorent la sécurité et peuvent limiter le nombre d’accident causées par les distractions humaines, et notamment par nos smartphones. 
  • L’autonomie est juste une fonctionnalité : il faut penser la voiture comme un ordinateur.
  • L’autonomie doit être full-stack, et c’est la technologie qui permet à ces voitures d’être plus efficaces que les humains (les voitures autonomes ne freineront pas à tout va, etc…). Elles pourront aller encore plus loin en vous évitant la corvée de chercher une place en centre-ville, en vous déposant, et en allant se garer elle-même là où elle peut. 
 

HI + AI: What's the Future of Intelligence?

Le futur de l’intelligence, ou quelle place pour l’homme dans un monde programmable ? C’est ce que tentent de nous expliquer nos trois intervenants. Brian Johnson, CEO de Kernel, qui a pour ambition de construire la première neuroprothèse pour améliorer l’intelligence humaine. Il explique que la base de l’intelligence humaine est notre cerveau. On ne sait pas ce qui nous attend. On ne peut pas prévoir ce que nous serons en mesure de faire avec de nouvelles capacités, qu’elles soient biologiques ou cérébrales. Mais c’est en améliorant la race humaine que nous nous différencierons des robots. Aujourd’hui, nous améliorons nos capacités avec des “assistants”, (l’assistant est le paradigme des interactions hommes-machines) mais ces assistants sont programmés à partir de cas d’usages, ce qui les rend non-scalables. Mais le panel nous pose une question importante : est-ce que la technologie est en train de remplacer notre cerveau ? Prenons l’exemple de la calculatrice. C’est une technologie qui nous aide au quotidien, mais nous avons perdu de notre capacité à calculer (on perd toujours quelque chose !). Et c’est pareil pour le GPS. 
Nous avons donc urgemment besoin de travailler sur notre cerveau pour résister à l’intelligence artificielle et la technologie. Comme le dit Reshma Shetty, co-fondatrice de Ginkgo BioWorks, son rêve serait de pouvoir programmer la biologie et un monde dans lequel nous pouvons cultiver tout ce dont nous avons besoin. Et pour rester au top, l’idée est d’utiliser la biologie, ou la combinaison de la biologie et de la technologie afin d’étendre notre perception de l’intelligence. 

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