Au programme ce mois-ci

Santé
Point sur la réglementation • Le futur de la santé • L’évolution numérique des hôpitauxA lire ici

Retail
Le paiement au coeur des stratégies • Actualités e-commerce • Actualités de la distribution spécialisée et de la distribution alimentaireA lire ici

 

Fintech
La déferlante DSP2 • L’évolution des moyens de paiement • L’actualité des banquesA lire ici

Assurance
Point sur la réglementation • La stratégie des assurTech • Les assureurs engagés dans leur transformationA lire ici

 

Tech
F8 : la grande messe annuelle de Facebook  • Les jeunes et la tech • Google annonce la mort du moteur de recherche • Les initiatives intéressantes • A lire ici

Travel & Transport
L’ubergate • A l’ombre d’Uber • Changements de paradigmes dans la distribution de volsA lire ici

 

 

Retail

Le paiement au coeur des stratégies retail

Ces derniers mois le paiement s'est invité au coeur de l'actualité retail. Alors que l'Union Européenne planche sur la généralisation du paiement instantané (voir la section Fintech) voici les principales actualités en lien avec le paiement dans le retail.

  • D'après cet article, le paiement doit être au coeur des stratégies omnicanales. Grâce aux 'tokens' des cartes bancaires, il est en effet possible de réconcilier les parcours d'achat d'un client sur plusieurs supports, et donc d'améliorer la connaissance client et l'expérience d'achat (lien)
  • L'intégration du paiement au sein d'applications de messagerie, chatbots et cie est clé pour leur développement. Alors que les principaux acteurs (Facebook, Viber...) ont déjà intégré des fonctionnalités de paiement peer-to-peer, la prochaine étape serait d'y intégrer la possibilité d'y effectuer ses achats, ce qui devrait encore complexifier la distribution. (lien)
  • WeChat est d'ailleurs une référence en la matière. La plateforme de messagerie est reconnue pour les possibilités qui y sont données aux clients comme aux retailers, permettant de mettre en oeuvre une expérience utilisateur sans coutures (lien)
  • De son côté la startup Transaction Connect, qui a profité du programme d'accélération d'Unibail-Rodamco, ambitionne de transformer les cartes bancaires en cartes de fidélité. Tout ceci sans passer par l'installation de software ou d'hardware spécifique (lien)
  • Zapper, l'application mobile qui rassemble paiements par mobile, programmes de fidélité et bons d'achats prévoit d'étendre son action dans des enseignes de proximité, après un déploiement réussi au sein de l'enseigne Nisa (lien)
  • Le Japon a adopté une loi pour encadrer les plateformes de change de monnaie virtuelle, et a attribué au bitcoin le statut de monnaie officielle. Depuis, les enseignes Japonaises adoptent petit à petit le paiement par bitcoin (lien)

Actus e-commerce

  • Comme d'habitude, Amazon domine l'actualité e-commerce et continue à faire parler de lui.
    • Le marché européen est une zone de croissance essentielle pour Amazon Prime, qui n'a pas encore connu des taux d'adoption comparables à celui des Etats-Unis. Pour ce faire la firme cherche à étendre son offre Prime Now sur le continent et à ouvrir 1300 entrepôts de petite taille dans les périphéries urbaines (lien)
    • 15,4 milliards de $ : c'est le montant de frais de livraison payé par Amazon en 2016, dont 54,4% ont été refacturés aux clients. Alors que l'entreprise se fait connaître pour la rapidité de ses services de livraison, ceux-ci ont un coût. En 2016, les dépenses de livraison ont augmenté de 44%, et ont représenté 5% des coûts opérationnels de la société (lien
    • En tout cas, Amazon compte tirer profit de son excellence logistique. Elle devrait bientôt offrir ses services de fret aérien à ses vendeurs tiers en Chine (lien)
  • Face à Amazon Prime, les plateformes logistiques redéfinissent leur offre et se concentrent sur les petits retailers, dans le but de leur donner les moyens d'offrir la même qualité de service qu'Amazon (lien).
  • Les distributeurs, eux, multiplient les expérimentations pour résoudre l'équation du dernier kilomètre. En Belgique, Zalando a déployé un test de service de livraison géolocalisée avec la startup Parcify  (lien)
  • Dans le domaine logistique, encore, Darkstore vient de lever 1,4 millions de $. La startup capitalise sur les espaces de stockage sous-utilisés des centres commerciaux pour les transformer en centres de distribution (lien)

Les frontières entre pure-player et distributeurs physiques s'amenuisent. Alors que dans un premier temps ces derniers ont adopté les stratégies des pure-player, c'est désormais au tour des spécialistes du web d'investir dans l'ouverture de points de vente, à l'image d'Amazon Fresh Pickup (lien).  

  • D'ailleurs la société Visiativ entend aider les pure players à passer au retail physique, en leur proposant de concevoir leur futur point de vente via réalité augmentée (lien)
  • Dans ce domaine, les retailers traditionnels posséderaient un avantage non négligeable dans leur maillage territorial, les points de vente pouvant aussi faire office de centres de distribution, ou pouvant promouvoir le click & collect moins coûteux que la livraison. C'est en tout cas ce que Walmart devrait faire d'après cet article (lien)
  • D'après cet article, les distributeurs devraient d'ailleurs arrêter de se concentrer sur la réduction de leur maillage territorial, et redonner un sens pertinent au point de vente pour le client (lien). Cela pourrait passer par une expérience sensorielle, facilitant la personnalisation des interactions avec le personnel (lien)

L'actu de la distribution spécialisée

  • Le marasme continue dans le prêt-à-porter. La France n'est pas épargnée par la vague de faillites et de difficultés financières qui a dernièrement secoué les enseignes de prêt-à-porter aux Etats-Unis. 
    • Tout a commencé avec Vivarte, qui a du se séparer des enseignes Naf-Naf et André, et rationaliser la gestion de La Halle (chaussures + vêtements) (lien). C'était ensuite au tour de Tati de se retrouver dans la difficulté, heureusement le fondateur de Gifi s'est dit prêt à racheter l'enseigne (lien). Aujourd'hui, c'est l'enseigne MIM qui est menacée de liquidation. (lien)
    • Les analystes s'accordent à dire que les enseignes françaises n'ont pas su s'adapter à l'émergence de la fast-fashion puis à l'arrivée des enseignes à prix cassés. D'ailleurs Primark a vu son CA croître de 21% depuis l'année dernière, une croissance principalement due à l'extension de son parc (lien). Les villages de marques et magasins d'usines ont aussi un beau potentiel dans le domaine. Le CA de ce marché est estimé à 1,1 milliard d'€ pour 2017, devant celui des enseignes de déstockage (lien)
    • De l'autre côté de l'Atlantique, Amazon et Walmart ont continué leur compétition effrénée pour devenir des acteurs de référence dans l'e-commerce de prêt-à-porter. Walmart a ainsi racheté Shoebuy, Moosejaw, ModCloth et possiblement Bonobos (lien, lien2 ). De son côté, Amazon s'est à plusieurs reprises montré intéressé pour le rachat d'enseignes de prêt-à-porter en difficulté, à l'image d'American Apparel (lien). Finalement c'est sur ses private labels que l'entreprise créé la surprise (lien, lien2)
    • D'ailleurs Amazon a récemment déposé un brevet destiné à booster son développement dans le domaine en permettant de réduire les invendus grâce à un système de fabrication de vêtements à la demande. (lien)
  • Une étude récente de l'Obsoco a dévoilé l'appétence des Français pour l'économie du 'faire', qui regroupe un ensemble d'activités allant du bricolage / jardinage, aux jeux de sociétés en passant par la pratique sportive...Une aubaine pour la distribution spécialisée à condition de faciliter la découverte et les premiers pas dans ses loisirs, comme l'ont d'ailleurs compris les enseignes de bricolage (prêt de matériel à tester chez soi, développement de moocs et ateliers...) (lien). Cette étude est confirmée par les beaux chiffres réalisés par le marché du jeux de société (lien), ou encore celui de l'ameublement d'intérieur (lien).

L'actu de la distribution alimentaire

  • e-commerce alimentaire : Alors qu'Amazon s'investit de plus en plus dans l'alimentaire, les distributeurs continuent à se développer sur le numérique et le drive
    • Amazon détient aujourd'hui une part de marché de 5% sur le circuit alimentaire en ligne aux Etats-Unis. Ses ventes de produits d'épicerie ont augmenté de 30% au premier trimestre 2017, pour un CA de 350 millions de $ (lien)
    • Depuis le 7 mars Amazon Pantry est disponible en France (lien)
    • Autre pure player du domaine, Instacart a fait évolué son modèle économique et a du resserrer les vis afin d'atteindre la rentabilité. La startup vient de lever 400 millions de $ pour accélérer son expansion (lien, lien2, lien3)
    • Le marché du Drive arriverait à maturité avec plus de 4 000 Drive en France. Les enseignes expérimentent pour trouver de nouveaux relais de croissance, à l'image du Drive piéton de Leclerc à Lille (lien, lien2), ou encore des Drives Auchan dédiés aux employés des entreprises (lien)
  • Ces derniers mois les tensions se sont accrues dans le secteur, sur fond de guerre des prix
    • C'est notamment la publication des résultats de l'observatoire de la formation des prix de marché et des prix à la consommation qui a ravivé le débat. Selon le rapport, il existe une décorrélation entre les prix de marché et les prix à la consommation, que la FNSEA interprète comme le signe d'une répartition de valeur déséquilibrée entre l'amont et l'aval de la filière. (lien)
    • D'ailleurs on peut prévoir une accélération des contrôles sur les pratiques d'achat des enseignes (lien)
    • Alors que les enseignes commencent à se conforter sur leur positionnement prix, on passe d'une guerre de position à une guerre de promotion. La pression promotionnelle aurait ainsi augmenté de 60% de 2011 à 2016 (lien)
 

Santé

Point sur la réglementation

Alors que le domaine de la santé se numérise petit à petit autour notamment de l'utilisation des données, la loi de modernisation de la santé cherche à favoriser ces changements tout en garantissant le respect de la vie privé des gens. Plusieurs décrets ont ainsi été publiés, nous faisons le point.

  • Hébergement des données de santé : La procédure d'agrément actuellement assurée par le Comité d'Agrément des Hébergeurs (CAH), placé auprès de l'Agence des systèmes d'information partagés sur la santé (Asip Santé) sera remplacée par un certificat délivré par un organisme certificateur accrédité par le Comité français d'accréditation (Cofrac). Pour plus de détails, suivre le lien
  • Nouveau système national des données de santé : La loi de modernisation du système de santé rend possible l'accès aux données de santé des Français (anonymisées), à des fins de santé publique, de recherche et d'innovation. Les détails sur les autorisations d'accès sont donnés dans cet article. Quatre fédérations hospitalières ont refusé d'intégrer le nouvel Institut National des Données de santé, et dénoncent les restrictions d'accès aux données imposées aux fédérations hospitalières (lien)
  • Le numéro de sécurité social deviendra l'identifiant national de référence dans le domaine de la santé et de la sphère médico-sociale. L'expertise de la Cnil rappelle qu'il devra se cantonner à cette sphère. Cette dernière sera "sera particulièrement vigilante à ce qu'aucun élargissement de cet usage n'intervienne à l'avenir" (lien)

Le futur de la santé

  • IA et médecine de précision :  la conjonction actuelle d'un série de technologies et pratiques, dont le Big Data et l'Intelligence Artificielle permet d'entrevoir une médecine de précision pour l'avenir.
    • L'IA permet de gérer des niveaux de complexité difficilement atteignables par les humains, et il devient désormais possible de comprendre et agir sur les interactions entre nos milliers de gênes et millions de protéines (lien). Ainsi, la startup Orionis Biosciences compte profiter de cette technologie pour révolutionner les méthodes de conception des médicaments (lien)
    • L'IA pourrait améliorer la connaissance du corps et de son fonctionnement systémique, ainsi qu'aider au diagnostic, à l'image des chercheurs de Google qui ont entraîné un algorithme de reconnaissance d'images à repérer les motifs indiquant la présence d'un cancer (lien)
    • Au final, la santé deviendra plus préventive, prédictive, participative, personnalisée et pertinente (lien), ce qui n'est pas sans poser des questions éthiques (lien)
  • L'humain connecté à sa santé : 
    • le développement de capteurs de données physiologiques et autres wearables ou insideables (à l'intérieur du corps) laisse entrevoir un avenir où l'humain sera continuellement connecté à ses données de santé. Cela changera le rapport entre le patient et ses référents santé, réduisant le nombre de visites médicales au profit d'un accompagnement régulier(lien)
    • Si cette récolte de donnée est complétée par des systèmes de diagnostic intelligent où de mise en relation avec des professionnels, le problème des déserts médicaux pourra être adressé (lien)
  • Les nouveaux acteurs de l'industrie sanitaire : les entreprises technologiques investissent de plus en plus le marché
    • Les derniers mois ont été marqués par une réelle bataille sur le terrain des solutions de lutte contre le diabète (lien). Alors qu'Apple développe des senseurs optiques capables de mesurer le taux de glucose au travers de la peau (lien), Médtronic et Dexcom préparent le lancement de lecteurs de glycémie en continue. Ces derniers espèrent d'ailleurs une prise en charge de ces dispositifs afin de faciliter leur commercialisation (lien)
    • Apple confirme sa volonté de s'installer durablement sur le marché avec la mise à disposition d'une boîte à outil pour développeurs désireux de mettre l'Iphone au centre de la recherche clinique (lien). De son côté Google déclare vouloir vaincre le cancer (lien)
    • Philips se recentre intégralement sur le domaine de la santé. 60% des activités se concentreront sur des solutions médicales et 40% sur des solutions 'santé' grand public (lien)

L'évolution numérique des hôpitaux

  • Le ministère de la santé débloque 550 millions d'€ pour financer le virage numérique des hôpitaux sur 5 ans. 150 millions seront consacrés au programme 'e-parcours' destiné à améliorer la prise en charge des patients et faciliter les échanges entre professionnels de la santé. Le reste sera investi dans le programme "e-Hôp 2.0" (lien)
  • Alors que les plans nationaux à la modernisation des SI des hôpitaux ont conduit à des investissements à hauteur de 462 millions d'€ entre 2008 et 2015 et que la croissance moyenne du marché de l'informatique hospitalière est de 4,1% depuis 2009, la mission Véran fait le point sur les SI hospitaliers  (lien) :
    • Le niveau de maturité global des SIH reste encore modeste. Si les investissements progressent, cela se fait sans urbanisation cohérente. La mission déplore un manque de mutualisation des investissement, et une multiplication des outils logiciels et des achats de matériel.
    • La mission préconise une territorialisation des investissement en maintenant un arbitrage national. L'arbitrage national devrait par exemple déterminer des normes d'interopérabilité. La mise en place des Groupements Hospitaliers de Territoire (GHT) devra favoriser ces changements.
    • Dans le cadre de la mise en place de la convergence des applications informatiques d'ici 2020, la mission évalue à 2 milliards d'€ le besoin de financement des hôpitaux d'ici 2020. Cette convergence devrait de plus réduire le nombre d'éditeurs de logiciels hospitaliers opérant sur le marché à 3 ou 4.
  • La startup MonDocteur compte bien en profiter. Elle vient d'enrichir son offre par la mise en place d'un "service global de coordination ville/hôpital/patient. Elle s'est pour cela alliée avec la startup Honestica pour intégrer à son offre aux établissements et professionnels de santé un serivce d'échange de documents médicaux ( lien)
 

Assurance

Point sur la réglementation

  • Ces derniers mois les relations entre assureurs et courtiers ont été tendues. En cause ? Les exigences Solvabilité 2 ont poussé les assureurs à réviser leurs conventions de délégation, avec des clauses souvent jugées abusives par les courtiers (lien1, lien2)
  • Depuis le 1er mars 2017 les plateformes de crowdfunding ont l'obligation légale de souscrire à une assurance en Responsabilité Civile Professionnelle. Une aubaine pour les assureurs qui multiplient les initiatives dans le domaine de l'économie collaborative (lien
  • Les effets de la loi Hamon se font sentir dans l'assurance emprunteur (simplification de la résiliation de contrat en assurance). Par manque de visibilité, d'information et par crainte de voir leur pouvoir de négociation sur les taux se réduire, les clients se sont historiquement contentés de l'offre proposée par leurs banques. (lien1, lien2 )
    • Depuis la mise en application du décret en mars, de nouveaux acteurs (startups comme banques) viennent concurrencer les banques sur ce créneau
    •  Les économies réalisées par le changement de prestataire sont déjà palpables pour les clients
    • Les banques qui tiraient profit de cette offre face à des taux d'intérêts bas pourraient relever ces derniers

La stratégie des assurTech

  • En 2016, on recensait environ 1 300 startups sévissant sur le marché de l'assurance. Ces dernières auraient d'ailleurs pris le relai de leur consoeurs les finTech et levé plus de 900 millions de $ d'investissement dans les 9 premiers mois de l'année dernière (+84%) (lien 1, lien 2)
  • Néanmoins les assurTech ne remplaceront pas les assurances tellement la réglementation et le marché sont complexes et les offres riches. Elles devraient adopter des trajectoires similaires aux finTech soit en s'attaquant à un marché de niche et en élargissant leur offre sur cette base, soit en nouant des partenariats ou en vendant leurs prestations aux assurances (lien). En voici quelques exemples : 
    • Le domaine de l'assurance auto étant porteur, de nombreux acteurs s'y engouffrent, à l'image d'Insurify qui souhaite révolutionner la distribution de ces produits via un chatbot (lien), de Wilov, la nouvelle offre qui permet aux automobilistes de ne se couvrir que lorsqu'ils conduisent (lien), ou encore d'Apple, Amazon, Verizon et Tesla qui préparent le futur de la conduite autonome (lien)
    • Suite au succès de son offre de complémentaire santé pour les PME et TPE, Alan s'attaque aujourd'hui au marché peu développé de la mutuelle santé à destination des freelance (lien)
    • ejust, plateforme dématérialisée de traitement juridique des réclamations serait en pourparler avec des assurances afin de prendre en charge leurs contentieux avec les assurés (lien)

Les assureurs engagés dans leur transformation

  • De leur côté les assureurs sont sensibilisés à la transformation de leur marché. Ils estiment en effet pouvoir perdre jusqu'à 20% de leurs parts de marché dans le futur. (lien1, lien2, lien3)
    • Et s'ils devraient garder leur activité de souscription, la convergence des évolutions technologiques, réglementaires et d'usage annonce une disruption dans le domaine de la distribution de produits d'assurance.
    • Afin de s'adapter, ils devront nouer des partenariats avec des startups (94% d'entre eux pensent que c'est déterminant), ne serait-ce que pour favoriser l'implémentation rapide de nouvelles avancées technologiques face à la lourdeur du SI dont ils héritent (87% d'entre eux prévoient une opération de fusion/acquisition en ce sens en 2017).
  • En ce sens les assureurs multiplient les initiatives pour innover : 
    • La Maif continue sa stratégie d'investissement dans l'économie collaborative(lien), et vient d'investir auprès d'un spécialiste de solutions de sécurité pour les applications Bitcoin (lien)
    • Macif dédie un budget de 500 millions d'€ sur 5 ans à sa transformation. Celui-ci comprend entre autre : la refonte et l'optimisation des systèmes d'information, la poursuite de son fonds d'Investissement Macif Innovation qui sera doté de minimum 15 millions d'€ en 2017.  Ainsi la Macif a investi dans les startup CBien (inventaire de biens mobiliers pour mieux gérer les sinistres), TellMePlus (analyse prédictive), et Monitorlinq (plateforme relationnelle aidant/aidé) ( lien1, lien2)
    • Axa concentre son mode d'intervention auprès des startups autour de 3 axes : l'investissement via le fond Axa Strategic Venture doté de 230 millions d'€; l'incubation d'assurTech (budget 100 millions€); et une stratégie de partenariat autour de la distribution ou de la conception de produits (lien). En outre, l'entreprise cherche à développer l'assurance paramétrique au-delà du domaine agricole (lien)
    • Face à l'imminente disruption de la distribution, Allianz a développé un plan axé autour de la personnalisation, de l'immédiateté et des nouveaux usages et souhaite passer d'une logique de ventes de garanties techniques à une logique de bouquets de services (lien)

 

 

Fintech

la déferlante DSP2

  • Alors que la mise en application de la loi Macron (censée faciliter le changement de banques) patine, faute de manque de préparation des banques et d'imprécision de certaines règles d'application, les effets de la DSP2 se font eux bien sentir depuis quelques mois déjà. (lien)
  • Cette loi donne un cadre réglementaire à de nouveaux intermédiaires (services d'agrégation d'information, et services d'initiation de paiement) sur le marché, ainsi qu'à leur relation avec les institutions bancaires. Couplée avec la nouvelle obligation des banques de donner accès à ces tiers à leurs données clients, ou encore avec le projet européen de portabilité du compte bancaire via numéro de téléphone, un futur où le client reste maître et propriétaire de ses données bancaires et choisit avec qui les partager pointe le bout du nez. (lien)
  • La perte de l'exclusivité  des banques sur la propriété des données client chamboule d'ores et déjà une partie du marché puisqu'il devient techniquement possible de payer ses factures voire d'effectuer des transferts d'argent depuis Facebook ou encore Google. Les Fintech, elles, s'en donnent à coeur joie, et on recense chaque jour de nouvelles initiatives profitant de la DSP2 pour proposer des services toujours plus complets :
    • Digit est un assistant d'épargne de précaution, connecté au compte courant de l'utilisateur, il analyse son comportement et l'aide à mettre de l'argent de côté à intervalles réguliers, sans changer fondamentalement ses habitudes (lien)
    •  Plum adopte cette même logique en y ajoutant des fonctionnalités supplémentaires : en déterminant le montant optimal à mettre de côté (selon les habitudes et projets de vie des clients), elle propose aussi des solutions de fructification de cette épargne (lien)
    • Sberbank utilise l'information agrégée des différents comptes de ses clients pour leur permettre de mieux gérer leur budget grâce à des recommandations pro-actives : le système peut recommander de faire le plein sur les routes secondaires à un client venant de régler une location de voiture, ou encore envoyer une checklist de démarches à entreprendre lorsqu'une vague de dépenses laisse présager l'arrivée d'un bébé...(lien)

L'évolution des moyens de paiement

Ces derniers mois ont été marqués par la multiplication d'expérimentations et d'initiatives portant sur l'évolution des moyens de paiement, vers de plus en plus de fluidité. Si certains s'attaquent à la fluidification de l'acte d'achat, d'autres envisagent même l'avènement d'une société 'cashless'.

  • Les géants du web se lancent dans le transfert d'argent entre particuliers :
    • Aux Etats-Unis Facebook Messenger permet à ses utilisateurs de s'envoyer de l'argent entre eux. Cette fonctionnalité est désormais étendue aux conversations de groupe. L'extension de ce service est à prévoir sur le sol européen, où l'entreprise a récemment reçu une autorisation à gérer les paiements (lien)
    • Dans la même veine il est désormais possible d'envoyer de l'argent via Gmail (lien)
  • les efforts pour fluidifier l'acte d'achat se multiplient, chacun y allant à sa manière
    • En France, le paiement sans contact pour les achats allant jusqu'à 30€ sera désormais possible sur les nouvelles cartes bancaires issues à partir de l'automne (lien).
    • Si ce dispositif permet de rendre l'acte d'achat plus rapide, il lui manque un système de sécurisation, c'est pourquoi de nombreux acteurs travaillent à un système d'authentification plus rapide que l'actuel code. Ainsi, La Banque Postale a dernièrement expérimenté une solution "talk to pay", de son côté Mastercard s'essaie aux cartes de paiement biométriques (lien 1, lien 2
    • De son côté Amazon a développé un moyen pour que les personnes ne disposant pas de carte bancaire puissent faire des achats sur son site : Amazon Cash. L'application permet de générer des codes barres que les caissiers des distributeurs partenaires peuvent 'créditer' du montant en espèce donné par l'utilisateur (lien)
    • Les moyens de paiement s'intègrent petit à petit aux chatbots, pour une expérience de plus en plus fluide. Alors que le client aura de moins en moins à rentrer les informations de sa carte au moment de l'achat, la bataille pour les acteurs du monde bancaire remontera en amont du parcours  au moment de l'inscription et du premier enregistrement de la carte (lien
    • D'ailleurs Paykey surf sur cette tendance avec son logiciel qui permet aux banques de fournir la possibilité à leurs clients d'effectuer des paiements en ligne au sein de divers réseaux sociaux et services de messagerie (lien)
  • D'autres vont encore plus loin et font le pari d'une société 'cashless' 
    • Ainsi Samsung à développé sa technologie 'CCP' : un puce qui permet d'intégrer le paiement sans fil dans n'importe quel objet connecté. Ce système a l'avantage de permettre une utilisation sur un terminal de paiement sans passer par des solutions de porte-monnaie électroniques. Samsung compte bien proposer sa solution aux banques centrales, comme solution pour réduire l'utilisation des espèces (lien)
    • C'est d'ailleurs en commençant par la réduction du nombre d'espèces en circulation que la Corée compte effectuer son passage à une société sans cash. Pour cela, les clients de grandes chaînes de magasins se voient proposés de recevoir leur monnaie après achat sous forme de crédit sur une carte prépayée (lien)

L'actualité des banques

Après 6 ans de croissance continue, les investissements et le nombre de deals dédiés aux fintech baissent de 47% et 14% respectivement (lien). Malgré cela, les banques continuent leur transformation. Voici un tour d'horizon rapide de leur actualité

  • Désormais 10% des français sont clients d'une banque 100% en ligne et c'est clairement Boursorama, de la Société Générale qui tire son épingle du jeu. Elle a dépassé le million de clients au début de l'année et est la première banque française à offrir la possibilité à ses clients de réaliser des virements depuis leurs comptes détenus dans d'autres banques (lien 1, lien 2
  • BNP Paribas a racheté la fintech Compte Nickel (lien)
  • La Banque Populaire lance un service de retrait d'espèce sans carte bancaire destiné aux mineurs et populations fragiles (lien)
  • Carrefour banque lance C-ZAM un compte de paiement qui ressemble à Compte Nickel. Le distributeur compte profiter de son maillage territorial pour une expansion rapide (lien)
  • Natixis opère une prise de participation majoritaire dans Payplug, startup de paiement en ligne et spécialiste de la prédiction des fraudes (lien)
  • La Caisse d'épargne et la Société Générale se lancent dans la pédagogie financière. La première a lancé une communauté ouverte autour de la question, elle s'articule autour d'un forum et d'un blog (lien) La seconde s'est associé à Jam, un chatbot permettant de répondre aux questions pratiques de tout genre de ses utilisateurs. La SG lui fournira la réponses propres aux questions financières sans pour autant y mettre en avant ses propres produits (lien).
 

Travel & Transport

L'ubergate

Ces derniers temps Uber a éclipsé le reste de l'actualité du secteur, tant l'entreprise a défrayé les chroniques ! 

  • il y a d'abord eu ce procès d'Alphabet à l'encontre d'Uber pour vol de secret industriel et violation de brevet (lien)
  • Puis, suite à des accusations de harcèlement sexuel, la notation de l'application sur les stores est subitement passée de 3,7 étoiles à 1,6 étoiles (lien)
  • Ce n'est pas un secret, Uber a provoqué une levée de boucliers dans un certain nombre de villes, où elle n'a pas obtenue la permission d'opérer. Plutôt que de s'y conformer, l'entreprise à préférer développer Greyball. Ce système permettait de tracer les membres des forces de l'ordre essayant de prendre les chauffeurs en flagrant délit, et de les renvoyer vers une interface factice où les voitures affichées à l'écran n'existaient pas (lien)
  • Un autre programme, dénommé Hell cette fois-ci, aurait été utilisé par Uber pour espionner Lyft. Le système permettait de créer des profils de chauffeurs fantômes sur l'application concurrente, et de les placer à des points centraux afin de connaître la position des chauffeurs Lyft, et de les identifier afin de les convaincre de passer chez eux. (lien)
  • Comme si cela ne suffisait pas Uber est désormais accusé d'avoir manipulé chauffeurs et passagers. Alors que ses algorithmes proposent aux chauffeurs les trajets les plus courts et rapides en fonction d'un certain nombre de paramètres, le client, lui, se voit facturé au prix d'un course plus longue...et c'est Uber qui empocherait la différence (lien
  • Déjà critiquée pour la manière dont elle traite ses chauffeurs, l'entreprise a dernièrement connu un nouveau scandale : elle aurait utilisé des techniques d'économie comportementale pour mieux manipuler ses chauffeurs et les pousser à travailler plus, sans contrepartie (lien)
  • Pour couronner le tout, Uber termine son exercice 2016 avec une perte nette de 2,8 milliards de $, malgré le doublement du nombre de courses effectuées (lien)

A l'ombre d'Uber

  • Alors qu'Uber défrayait la chronique, Lyft en a profité pour lever 600 millions de $ (lien)
  • La mode est au fret routier ! Alors que de nombreux acteurs s'échinent à résoudre l'équation du dernier kilomètre, Chronotruck et Fretlink ont respectivement levé 3,5 et 6 millions d'€. La première startup met en relation des transporteurs dont les camions circulent à vide avec des clients qui ont des palettes à envoyer, alors que la seconde promet "d'optimiser le transport routier de marchandises". Le marché est estimé à plus de 300 milliards d'€ en Europe (lien 1, lien 2, lien 3 )
  • Blablacar proposera des offres de leasing à des prix négociés à ses meilleurs utilisateurs (lien)

Changements de paradigmes dans la distribution de vols

  • Alors que Ryanair, connu pour ses pratiques trompeuses, annonçait le lancement d'un service de vols en correspondance avec d'autres compagnies aériennes (lien), une partie du secteur travaillait à régler les problèmes de transparence des prix des billets d'avion à la réservation 
    • En France, un arrêté récent devrait obliger les services de transport à afficher leur prix final dès le début du processus de réservation, et ce dès l'étape de présentation des offres sur les sites comparateurs (lien)
    • Aux Etats-Unis, l'application de planifications de voyages Hopper prévoit d'afficher clairement et dès la page de résultat tous les coûts et prix cachés des offres des différentes compagnies aériennes (lien)
  • Google Flights prend de l'ampleur et est une solution de distribution peu coûteuse et stratégique pour les compagnies aériennes (lien)
  • Une étude réalisée par Skyscanner prévoit une évolution de la distribution de billets d'avion. Les frontières entre interfaces vocales, chatbot et marketplaces en ligne seront de plus en plus floues, et les compagnies aériennes auraient intérêt à laisser de côté leur propre site pour privilégier la réservation directement depuis des sites tiers (agrégateurs, marketplaces..) (lien)
 

Tech

La F8 de Facebook

Ce mois-ci c'était la grande conférence annuelle de Facebook : la F8. Pas de grosses surprises, mais Facebook s'en prend clairement et directement à Snapchat avec son outil pour créer et intégrer des filtres à Messenger. Également, ils annoncent Facebook Spaces, leur réseau social en réalité virtuelle. Enfin, l'intelligence artificielle notamment présente dans M (et utilisée dans les bots) s'améliore afin de mieux comprendre les demandes qui lui sont faite  (lien)

L'actu tech

  • Les jeunes ne s’intéressent plus à la technologie mais l'utilisent sans la comprendre (lien)
  • 10 innovations digitales selon Netexplo (lien)
  • Google annonce la mort de son business originel et mise sur l’avènement de l’assistance (lien)
  • SEO : 6 pratiques que Google n'aime plus du tout voir en 2017 (lien)

Initiatives intéressantes

  • Une plate-forme pour un système financier n'étant plus spéculatif (lien)
  • La startup Lyrebird annonce son service qui permettrait de recréer la voix de quelqu’un à partir d’une minute d’enregistrement. Les démos sont intéressantes, mais à suivre...  (lien)
  • Anti fake news, le fondateur de Wikipédia crée un nouveau média qui utilise mêlant à la fois journalistes et internautes pour produire des articles (lien)

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