Au programme ce mois-ci

 

Retail
Actualités e-commerce • retailers et nouvelles technologies • Actualités de la distribution spécialisée et de la distribution alimentaireA lire ici

Santé
les initiatives e-santé du mois• la recherche avance • les hôpitaux et le numérique •
A lire ici

 

Assurance
le futur de l'insurtech et du secteur • l'actualité des compagnies d'assurance •
A lire ici

Fintech
Hausse des investissements • La banque modulaire en danger ? • Actualités des banquesA lire ici

 

Travel & Transport
Transport : l'actu des géants et point de réglementation • Travel : point sur la distribution • A lire ici

Retail

L'actu e-commerce

Les chiffres de la Fédération Française de l'e-commerce et de la vente à distance (FEVAD) sont sortis, l'occasion de faire le point sur le marché du e-commerce, mais avant cela, un petit point de réglementation !

  • Le nouveau règlement sur la protection des données entrera en vigueur le 25 mai 2018 et devrait impacter fortement les retailers qui se verront obligés à mettre en place au sein de leur organisation un "bureau de protection des données". (lien)
  • Les ventes e-commerce ont ainsi progressé de 14,2% entre 2015 et 2016 pour atteindre 72 Mds d'€, montant qui devrait même atteindre les 80 Mds d'€ en 2017. Alors que le nombre moyen de commandes progresse de 20%, le panier moyen, lui, continue de baisser pour atteindre 69 € contre 73 en 2016 et 78 en 2015 (lien)
  • L'offre aussi s'élargit puisque la FEVAD recense 206 800 sites marchands actifs en France (+11%), parmi ceux-ci les marketplace enregistrent même une croissance de 19%. Amazon, Cdiscount et la Fnac continuent d'ailleurs à dominer le classement des 15 sites e-commerce les plus performants en termes d'audiences. Groupon, Vente-privee.com et Showroomprive ont les part d'audience réalisées sur mobile les plus significatives (lien)

La concurrence est donc rude sur le marché, et chacun avance ses pions, zoom sur l'actualité e-commerce des enseignes :

  • Comme d'habitude, Amazon continue ses offensives sur de multiples domaines
    • Le nombre d'abonnés Prime a augmenté de 38% par rapport à l'année dernières (80 millions), ce qui totalise désormais 60% des acheteurs sur la plateforme qui y dépensent en moyenne 1 300$/an (lien)
    • L'entreprise a récemment lancé 2 nouveaux services : une plateforme de gestion des abonnements numériques (Suscribe with Amazon) et Echo look, une enceinte Echo dotée d'une caméra qui s'adosse à un service de conciergerie dans le domaine de la mode. Ses utilisateurs peuvent en effet montrer à la device 2 tenues différentes, et un employé Amazon se chargera de choisir la plus adapté. Si l'intégration d'une caméra jusque dans la chambre des utilisateurs a de quoi faire peur, on peut aussi prévoir un élargissement d'Amazon vers le domaine de la maison connectée. (lien 1, lien 2)
    • Amazon continue d'étendre son offre : aux USA, l'entreprise s'attaque au marché automobile alors qu'en France, elle a signé un partenariat avec l'enseigne Truffaut dans le cadre de son service de livraison Prime Now (lien 1, lien 2)
    • Enfin, l'entreprise a récemment enregistré différents slogans associés à Amazon Go auprès des offices de propriété intellectuelle européens laissant entrevoir de possibles futures ouvertures sur le Vieux Continent. En outre, un centre de recherche pour la livraison par drone a été ouvert près de Paris (lien1, lien2)
  • Conforama acquiert 17% du capital et 38,15% des droits de vote de Showroomprive, notamment pour conforter son e-commerce et renforcer ses capacités logistiques dans un marché du meuble où seulement 13% des ventes sont réalisées en ligne (lien)
  • Eram enrichit ses fiches produits et son expérience utilisateur grâce à Akénéo (lien)
  • Cdiscount et La Redoute investissent pour jeter les bases d'une logistique 4.0. Alors que le premier multiplie les POC pour optimiser ses inventaires, robotiser certaines procédures et prédire les futurs volumes de ventes, le second a amélioré l'ergonomie de ses entrepôts grâce à la réalité virtuelle (lien 1, lien 2)
  • Alors qu'eBay nous raconte comment l'entreprise est passée de la vente aux enchères à la vente à prix fixe, Tophatter, l'application mobile de vente aux enchères nous annonce qu'elle est désormais rentable, après avoir généré 40 M$ de CA en 2016. Elle prévoit un CA de 100M$ pour 2017 (lien 1, lien 2)
  • Zalando enregistre une hausse de 23% de ses ventes au premier trimestre et commence à réfléchir à la question des points de vente physiques, une initiative que Claude Caffiotte, d'Accenture Interactive saluera, lui qui déclare : "L'e-commerce n'a pas de futur...s'il s'est construit par opposition au commerce physique" (lien1, lien2)

 

 Retailers et nouvelles technologies

Les distributeurs ont bien compris l'intérêt du numérique et y consacrent une partie croissante de leur budget. Loin de se cantonner au e-commerce, ils multiplient les expérimentations autour des nouvelles technologies

  • Réalité Virtuelle : Décathlon la test comme support de vente de ses tentes Quechua en point de vente, et la FNAC pour améliorer son offre de VOD (lien 1, lien 2)
  • Assistants virtuels : Amazon lance l'Echo look pour des services adossés à ses ventes 'mode', et Tesco pour améliorer l'expérience de la planification des courses. Les nouvelles lampes d'Ikea sont d'ailleurs compatibles avec Alexa, Google Assistant et Siri (lien1, lien2, lien3)
  • Plateformes robotiques : si la robotique prend de l'ampleur dans la logistique des retailers (à l'image des dernières actualités chez Cdiscount ou encore la Redoute), elle peine à décoller dans le domaine de la relation client en point de vente, faute d'application pertinente, et d'offre intégrateur adaptée (lien1, lien2, lien3, lien4)

 

L'actu de la distribution spécialisée

  • Alors que les enseignes traditionnelles de prêt à porter vont mal, les enseignes Bazar et discount continuent à se développer : 
    • Les dossiers de reprise de MIM et de TATI avancent. Un consortium d'enseignes Bazar compte bien remporter la reprise de cette dernière (lien)
    • Centrakor a enregistré un CA de 560 M d'€ et une croissance de 7% à périmètre constant (lien)
    • Stokomani a réalisé un CA de 400M€ (lien)
  • Il n'y a pas que dans la mode que les enseignes petit prix ont la côte puisque Kiko détrône désormais Yves Rocher et devient e magasin beauté préféré des français (lien)
  • Alors que Leroy Merlin lance son offre Frizbiz (mise en relation et petits travaux à domicile) dans l'ensemble de ses points de vente, on apprend qu'il y a un réel boom des sites de travaux pour particuliers en France, avec plus de 150 plateformes et divers modèles économiques recensés (lien1, lien2)

 

L'actu de la distribution alimentaire

Alors que, comme nous le disions le mois dernier, le marché du Drive arrive à maturation en France, et cherche à se diversifier, les distributeurs multiplient les initiatives pour rendre plus de services à leurs clients.

  • Le Drive a bel et bien la côte en France, d'ailleurs, une étude récente d'Altavia nous indique que le magasin alimentaire préféré des Français est un Drive ! (lien). Le CA du drive a d'ailleurs augmenté de 10,6% en 2016. S'il fait partie d'une stratégie nécessaire et fondamentale pour les distributeurs, il n'a toujours pas trouvé sa rentabilité (lien). Cela n'empêche, les ouvertures continuent et E.Leclerc compte s'appuyer sur le succès de son Drive piéton pour promouvoir l'enseigne dans les grandes agglomérations (lien)
  • A côté du Drive, les Grandes Surface multiplient les initiatives numériques dans plusieurs grands domaines
    • La mode est en ce moment au "bien manger" : outre l'engagement de 3 distributeurs en faveur du nutriscore, Colruyt, Auchan, Tesco et Waitrose ont tous récemment annoncé être en phase de développement sur des applications destinées à aider leurs clients à trouver plus facilement des produits sains, qui correspondent en outre à leur profil alimentaire (allergies, régimes...). (lien 1, lien2, lien3, lien5)
    • Les distributeurs expérimentent aussi sur les moyens de paiement : Monoprix critique Amazon Go qui selon l'enseigne, n'a pas compris le métier de retailer physique en voulant déployer une technologie trop chère. Ainsi l'enseigne prévoit un système simple d'encaissement mobile pour supprimer les passages en caisse (lien1).  Carrefour et Auchan se sont associés à l'expérience Lyf Pay un porte-monnaie virtuel permettant de payer tout en bénéficiant des avantages spécifiques aux retailers. Il s'agit là d'un moyen de contrer les GAFA tout en restant maîtres des données client, notamment des données d'achat. (lien1, lien2)

Pendant ce temps, la menace Amazon pèse toujours : 

  • Amazon Fresh vient d'être lancé à Berlin, un test qui devrait être significatif dans un pays où l'e-commerce alimentaire peine à se développer face à la forte culture hard-discount (lien)
  • Pour développer l'offre et l'assortiment Amazon Pantry en Europe, Amazon tente de nouer des partenariats avec les distributeurs les moins implantés dans les agglomérations (lien)

Enfin, BCG met le Hard-Discount (renommé SDMP) à l'honneur : 

  • Selon le cabinet, les SDPM pourraient bientôt représenter 50% des parts de marché de la distribution alimentaire dans le monde (lien)
  • D'ailleurs d'après LZ Retailytics, d'ici 2020 Aldi sera la 2ème plus grande enseigne de supermarchés en Europe (lien)
  • Tout ceci dans un contexte où Lidl annonce abandonner ses investissements dans l'e-commerce alimentaire, jugé trop cher pour son activité (lien)
 

Santé

Les initiatives e-santé du mois

Lors de l'édition précédente, nous vous parlions du futur de la santé, et de son l'évolution vers une médecine personnalisée, de précision, prédictive, préventive et participative. Ce mois-ci nous vous proposons un résumé des dernières initiatives e-santé dans ces différents domaines. Un petit rappel pour commencer : en 2016, 100 M€ ont été investis dans le secteur de la santé et du bien-être en France (lien1, lien2, lien3)

  • Rendre la médecine plus accessible : alors qu'en France, la télémédecine patine, faute de prise en charge par la sécurité sociale, certains acteurs tentent de rendre la médecine plus accessible (lien)
    • Constatant que faute de transport adéquat aux USA, près de 4 millions de RDV médicaux sont manqués, 50% des adultes ne se font pas vacciner contre la grippe et de nombreux patients se voient obligés à rester une nuit de trop à l'hôpital, Uber à décidé de lancer une série d'expérimentations sur le marché de la santé à Boston (lien)
    • Mesdocteurs lance son service de téléconsultation pour les adhérents de ses mutuelles ou assurances partenaires (lien)
    • Doctolib remporte l'appel à projet de l'AP-HP pour la prise de rendez-vous en ligne (lien)
    • Rendre la médecine plus accessible, c'est aussi à la fois mieux guider le patient afin qu'il sache quand consulter, et l'accompagner et le suivre au quotidien dans la gestion de sa pathologie. Des missions que DocForYou et Citizen Doc se proposent de remplir. Dans un registre similaire, Medeo interface les objets connectés avec les systèmes d'information des professionnels de santé afin de permettre un suivi régulier (lien, lien2)
  • Prévention : Alors que la majorité des dépenses d'assurance santé et de sécurité social sont liées aux maladies chroniques, et affections de longues durées, fortement corrélées à une série de comportements (sédentarité...), la prévention devient un réel enjeu.
    • Désormais, le sport pourra être prescrit par les professionnels de santé et donc en partie remboursé dans le cadre de certaines pathologies. Un marché que certains investissent à l'image de Dynacare (lien, lien2)
    • Smart Alfred est un chatbot développé par Betterise Health Tech se positionnant comme un expert apportant conseils personnalisés, recettes de cuisines équilibrées et mettant en avant des articles susceptibles de correspondre au profil de l'utilisateur (lien)
  • Personnalisation : Bloomizon conçoit des vitamines sur-mesure délivrées à des personnes ayant rempli un questionnaire de santé (lien)

Il semblerait ainsi que la santé numérique est vouée à redonner du pouvoir au patient. Mais cet article nous appel à faire attention, car elle pourrait surtout aboutir à 4 types de situations très contrastées (statut quo, autonomie totale du patient, suivi à distance, co-construction du parcours du patient avec les professionnels) dont seulement les 2 dernières sont souhaitables (lien)

 

La recherche avance

De son côté la recherche scientifique avance : 

  • Le Human Brain Project, porté par l'UE consiste à répliquer le cerveau humain sous forme de superordinateur et pourrait être utile notamment pour résoudre l'énigme de la maladie d'Alzheimer (lien)
  • L'édition génomique avance avec l'aide de Crispr. Une équipe de chercheur a réussi à éliminer le VIH chez des souris (lien)
  • Un nouveau capteur permet d'analyser notre transpiration, pour récolter de multiples données sur la santé de ses utilisateurs (lien)

 

Les hôpitaux et le numérique

  • Les projets numériques et technologiques des hôpitaux avancent, parmi les projets recensés de ces derniers on retrouve :
    • l'informatisation du dossier médical du patient (90% des établissements ont un projet achevé ou en cours)
    • informatisation du plan de soins (53% des établissements ont achevé un projet)
    • informatisation de la prescription (65% des établissements ont achevé un projet)
    • intégration des résultats de laboratoire dans le dossier patient informatisé (56% des établissements ont achevé un projet)
    • les efforts sont à poursuivre dans l'informatisation de la programmation des ressources
    • informatisation de la gestion des blocs opératoires (57% des établissements ont achevé un projet)
    • informatisation de la gestion des lits (54% des établissements ont achevé un projet)
    • informatisation de la gestion des RDV (59 %des établissements ont achevé un projet, mais seulement 17% la permettent via internet) (lien)
  • Les hôpitaux voient l'intérêt de se mettre au big data et au machine learning, pour améliorer le traitement et la prévention, prédire le nombre de visites par jour ou encore alerter le service compétent lorsqu'un malade entre dans l'établissement. Mais ils se confrontent à des problèmes d'ordre techniques (99% des informations possédées ne sont pas structurées), et éthiques (lien)
 

Assurance

Le futur de l'insurtech

Ce mois-ci une étude d'Oliver Wyman et Policen Direkt intitulée "l'Insurtech passée au crible : bulle passagère ou nouvelle frontière" nous en dit beaucoup sur l'évolution possible du secteur sous l'impulsion des startups (lien)

  • Selon l'étude, la première vague d'insurtech n'a pas réellement bousculé le secteur, et s'est limitée à appliquer les logiques du e-commerce à la vente de produits d'assurance. La seconde vague à venir devrait néanmoins être plus ambitieuse et promet plus de bouleversements, et ce à plusieurs endroits sur la chaîne de valeur.
  • Ainsi si le segment des insurtechs développant leur propres produits et services d'assurance est pour l'instant restreint, il présenterait des "opportunités d'investissement inexploitées"
    • C'est notamment le cas pour le marché dédié aux petites entreprises, si complexe que "même les plus grands fournisseurs d'assurances détiennent moins de 10% du marché". C'est ainsi que +Simple (offre de courtage numérique pour TPE et indépendants) vient de lever 800 000€, ou que Next Insurance a bouclé un tour de table de 29 M$ (lien 1, lien 2, lien 3)
  • En revanche les startups positionnées sur les nouveaux risques numériques (cyber-risques) sont exposées à une forte concurrence de la part des acteurs traditionnels.
  • En ce qui concerne le segment de la distribution de produits d'assurance, l'étude prévoit une baisse des ses acteurs dans les années à venir
    • D'ailleurs, sur ce point, nombreuses sont les insurtech qui, parce qu'elles sont totalement numériques, se sont limitées à la cible des "millenials". Or, cet article prend le contre-pied de ce présupposé en nous expliquant qu'il est plus facile pour une personne ayant déjà une bonne connaissance du monde de l'assurance (donc les plus seniors) de passer par le numérique, alors qu'au contraire les plus jeunes auraient besoin d'être guidés, notamment par un agent (lien)
  • Le secteur des opérations, lui, aurait un très bel avenir devant lui, et c'est notamment celui de la gestion des sinistres qui serait le plus prometteur
    • La startup CBien vient de boucler une nouvelle levée de 8M€ (référencement et gestion de biens pour faciliter la gestion des sinistres). Elle compte intégrer des services d'assurance dans son application et améliorer sa technologie (lien)
    • Minalea est un conseiller commercial robotisé qui scanne en permanence l'ensemble des offres sur le marché et étudie leurs différences avec ce qui est proposé par l'entreprise (lien)
    • Yseop utilise l'Intelligence Artificielle pour rédiger divers documents (résumés, diagnostics, recommandations...) et soulager les agents (lien)

 

L'actualité des assurances

  • D'après une étude YouGov pour la Maif, la Garantie des Accidents de la Vie est un secteur porteur dont les assureurs devraient profiter (lien)
  • L'e-assurance est en passe de devenir le canal de distribution principal des assureurs (lien)
  • Voici les recommandations d'IBM pour les assureurs souhaitant engager leurs transformation digitale : rendre les SI plus modulaires, devenir plus agile, collaborer avec des partenaires, et développer une culture d'innovation... (lien)
  • Les assurances s'emparent des opportunités de l'analyse de donnée pour mieux évaluer le risque mais aussi pour explorer de nouveaux usages en matière de prévention, comme le fait Groupama avec son service "Le trajet le plus sûr" (lien)
  • L'application de la mutuelle d'assurance Covéa enregistre plus de 440 000 téléchargements et s'enrichit tous les mois vers plus d'automatisation et de dématérialisation des processus. (lien)
  • Dans une logique similaire, Aviva veut passer du "ask it once" au "ask it never" pour la demande de documents aux assurés en cas de souscription à une nouvelle police (lien)
  • Allianz poursuit ses efforts pour devenir "un influenceur sur le marché de l'assurance" : poursuite de la refonte de l'outil informatique, lancement d'un outil de gestion des flottes, programme Client Connection for Commercial Dynamics...les détails ici
  • La Matmut se dote de son propre fonds d'investissement et accélère dans le big data (lien)
  • La Maif créé une entité dédiée à la mise sur marché d'offres expérimentales : Altima. Elle débute les expérimentations par l'assurance collaborative (lien)
  • Le fonds d'investissement de la Maif vient de participer à 2 nouvelles levées de fonds dans Seabubbles (voiture volant sur l'eau) et Cbien (lien)
 

Fintech

Hausse des investissements en France

  • Alors que mondialement, les investissements globaux dans le Fintech sont en baisse (-23% soit 2,3Mds de $ sur le 1er trimestre), en Europe et en France la tendance est plutôt à la hausse. (lien, lien 2)
  • Cela fait déjà quelques mois que la presse parle d’ailleurs de “l’assagissement” d’un secteur, où startups et acteurs traditionnels sont désormais sensés s’entendre et s’allier pour le plus grand bien de tous. Si les unes jouent le rôle de “catalyseurs” technologiques, les autres sont censés fournir aux premières les bases essentielles dont elles ont besoin pour exercer leur plein potentiel (conformité règlementaire, fonds…). (lien1, lien2)
  •  En réalité la situation est plus contrastée, en effet, alors que des ombres apparaissent sur le tableau de la banque “modulaire”, les banques elles, multiplient les initiatives pour freiner le développement des fintech et se transforment pour mieux leur ressembler

 

La banque modulaire en danger ?

La gestion personnelle des finances (PFM) est l’un des domaines que les fintechs ont largement investi, et qui a connu un nouvel essor avec la DSP2 .Les fintechs passent ainsi d’une logique de consultation (d’un agrégat de comptes) à une logique d’exécution où la startup est désormais capable d’effectuer un certain nombre d’actions pour son client. Certaines vont encore plus loin et se proposent de devenir des “banques plateformes” et modulaires, où le client a accès à une véritable marketplace de produits et services financiers qu’il choisit à la carte et pilote depuis une vision agrégée. Voici quelques initiatives recensées ce mois-ci (lien 1, lien 2)

  • Dave se connecte aux comptes bancaires de ses utilisateurs et identifie leurs transactions récurrentes et habitudes de consommation pour émettre une alerte 7 jours avant qu’il n’estime que leurs finances pourraient passer au rouge. (lien)
  • Numbrs (qui compte 1,5 millions de téléchargements), propose désormais à ses utilisateurs une marketplace de produits financiers qui s’ajoute à ses services de suivi de situation, d’exécution de paiement et virement et de recommandations sur la maîtrise du budget (lien)
  • De telles logiques se retrouvent aussi sur le marché de la banque d’entreprise, puisque le fondateur d’IbanFirst a récemment annoncé : “pour les entreprises, je ne crois plus à la banque universelle”. La startup, qui a commencé par un service de paiement de fournisseurs à l’international s’est appuyé sur son SI bancaire pour délivrer de nouveaux services, avec pour ambition de “construire un écosystème (entendre marketplace) rassemblant un série de fintechs”... C’est ce qui s’appelle le “banking as a service” (lien)

Le problème, c’est que les évolutions récentes sur les détails de mise en application de la DSP2 ont de quoi inquiéter les fintechs ! (lien)

  • la DSP2 prévoit la mise à disposition obligatoire d’informations clients aux fintechs dites intermédiaires de paiement ou services d’agrégation et de consultation. 
  • Jusqu’ici, ces startups demandaient directement à leur client leurs informations bancaires afin d’avoir accès à leurs comptes
  • Cette méthode est toutefois dans le collimateur de l’Autorité bancaire européenne, qui compte l’interdire pour favoriser l’utilisation d’API. Les banques reprennent donc le contrôle sur le choix de l’information qu’elles souhaitent partager avec leurs jeunes consoeurs, qui elles pourraient se voir contraintes à opérer avec une information très limitée

Mais ce n’est pas tout, car la seconde mesure censée venir mettre plus de concurrence sur le marché (et donc aider un tant soit peu les fintech), à savoir la loi Macron, patine elle aussi. Si celle-ci prévoit de faciliter le changement de banques pour les consommateurs, et de favoriser la mobilité bancaire, sa mise en application ne se fait pas sans difficulté, ni sans frictions (lien)

 

L'actualité des banques

Alors que les banques connaissent une conjoncture défavorable avec la baisse des taux et une réglementation qui plafonne les frais et les commissions, les banques cherchent à améliorer leur rentabilité qui est mise sous pression. 

  • La France fait encore figure d’exception, avec le réseau d’agences bancaires le plus important d’Europe, mais pour combien de temps encore ? Les grandes marques nationales multiplient les annonces de réduction du parc, et seuls les petits mutualistes semblent résister (lien)
  • En parallèle, les banques se développent sur le volet de banque en ligne, c’est ainsi qu’Hello Bank (offre mobile BNP Paribas) a atteint les 300 000 clients en France (et 2,6 M en Europe). Elle complète un podium dominé par Boursorama Banque et ING Direct (1M de clients). (lien)

Outre ces offres 100% en ligne censées venir concurrence les néobanques, les banques continuent d’expérimenter dans le numérique : 

  • La Société Générale et ING  souhaitent simplifier toutes les procédures de souscription pour leurs clients. ING demande par exemple au demander du prêt de lui donner accès à son compte principal afin de ne plus avoir à fournir les bulletins de salaires. (lien)
  • La BBVA expérimente dans les chatbot (lien)
  • Fivory et Wa! fusionnent pour devenir Lyf Pay. La nouvelle structure regroupe BNP Parisbas, Carrefour, Crédit Mutuel, Auchan, Mastercard, Oney et Total et propose une application de paiement mobile multi-services ouverte. Les commerçants partenaires peuvent ainsi personnaliser les services (notamment sur le volet fidélité et cashback). Avec cette approche ouverte qui devrait d'ailleurs bientôt inclure les éditeurs de logiciels de caisse, le projet vise à concurrencer les diverses solutions des GAFA, en redonnant la maîtrise de la donnée clients aux marchands. (lien1, lien2)
 

Travel & Transport

Transport : l'actu des géants du web

Désormais bien installés sur leurs positions, les géants du secteur du transport et de la mobilité se diversifient : 

  • Uber et Santé : C'est ainsi qu'Uber parie sur le fait que la mobilité est une variable essentielle de l'équation de la santé, et propose donc ses services aux institutions publiques et sanitaires à Boston (lien)
  • Blablacar et le domicile-travail : Blablaca lance BlaBlaLines, pour le covoiturage domicile-travail (lien)
  • Le marché des nouvelles solutions de livraison est en plein essor et nombreux sont ceux à s'y engouffrer
    • Fetchr veut devenir le leader du dernier kilomètre et lève 41M$ pour la livraison "sans adresse" (lien)
    • Uber Freight lance une nouvelle application pour le transport routier, qu'il pourrait très bien chercher à rapidement automatiser via Otto. Chronotruck et Fretlink opèrent déjà sur ce marché en France (lien1, lien2)

Les géants continuent tout de même à investir dans leur domaine de prédilection : 

  • DiDi Chuxing vient de rassembler 5,5 Md de $ pour accélérer à l'international et approfondir son expertise technologique autour de l'IA et de la voiture autonome (lien)
  • Waymo et Lyft coopèrent sur le thème du véhicule autonome afin de mieux contrer Uber (lien)

Transport : point sur la règlementation

  • L'avocat générale de la CJUE assimile Uber à un opérateur de transport urbain  et non à une simple "plateforme électronique". S'il ses recommandations sont appliquées, Uber pourrait se retrouver obligé à se conformer aux lois en vigueur pour ce type d'opérateurs (lien)
  • L'Allemagne adopte une loi sur les voitures autonomes dans le but "de devenir un pionnier dans le secteur" en autorisant les essais sur les routes (lien)

Tourisme : évolution de la distribution

  • Depuis le décret surnommé décret Airbnb, les grandes villes ont désormais le choix d'exiger des particuliers qui louent leur logement via une plateforme qu'ils s'enregistrent auprès de la mairie. Ce décret à un impact sur la panoplie de sociétés de services de conciergerie pour les propriétaires, qui anticipent une réduction du nombre de leurs clients. Il s'agit néanmoins aussi d'une opportunité puisque certains, à l'image de Luckey Homes, propose d'accompagner les propriétaires dans ces nouvelles démarches administratives (lien)
  • Alors qu'une étude Phocuswright révèle que moins de 40% des voyageurs d'affaires réservent auprès des fournisseurs recommandés par leur entreprise (lien), Airbnb continue son avancée sur ce segment, et annonce avoir franchi le cap de 250 000 entreprises utilisant la plateforme (lien), et une V2 de Kayak s'apprète à permettre la réservation de voyages d'affaires via chatbot (lien).
  • Ogury vient de dévoiler son étude sur le parcours emprunté par les mobinautes français lors de leur recherche de voyage : ils visitent environ 4 sites différents en 25 jours, Booking.com est le site et l'appli mobile de réservation hôtelière le plus fréquenté (80% du trafic avec Airbnb). En termes de moyens de transport, le train prévaut avec un taux de recherche de 59%...détails ici

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