Le business n’est pas dénué de ses mots empruntés de l’anglais, et il en est un qui est même devenu un saint-graal pour les startups en quête d’investisseurs... La scalabilité. Si cette notion refait aujourd’hui surface avec tant de force, c’est qu’elle promeut un modèle de croissance exponentiel centré sur la rentabilité et qui caractérise la réussite des géants du web. De plus, ses effets sont magnifiés par le numérique. Il serait pourtant dommage de se priver d’explorer le concept sous prétexte qu’il serait l’apanage des startups !
 
La scalabili-quoi ?
 
Terme informatique transposé au monde du business, la scalabilité désigne la capacité d’une entreprise à améliorer sa rentabilité lorsque son activité passe à l’échelle supérieure. Cela est rendu possible par un modèle économique qui permet à une entreprise de “passer de 0 à 1, de 1 à 10 et de 10 à 1000 ou même à 1 million sans modifier fondamentalement sa manière de fonctionner” (lien). Economiquement, cela signifie qu’à une croissance exponentielle des revenus ne correspond qu’un accroissement incrémental des ressources. Une entreprise scalable a donc le potentiel d’atteindre des résultats comparables à ceux d’une multinationale sans forcément en adopter la taille.
 
Cette décorrélation entre la taille de l’entreprise et sa performance est bien ce qui différencie l’économie d’échelle de la scalabilité. Là où la première a traditionnellement poussé les entreprises à grossir afin de réduire leurs coûts unitaires et de maximiser leur profitabilité, la seconde assure rendements croissants et profitabilité quelque soit le niveau d’activité (à condition d’avoir passé le point mort). Une fois un logiciel développé, par exemple, il peut potentiellement être distribué à un nombre infini d’utilisateurs sans coûts supplémentaires. Plus qu’un résultat, la scalabilité est un potentiel endogène à l’entreprise et à son business model.
 
La scalabilité n’est pas l’apanage des géants du web
 
Les modèles scalables existent depuis toujours. La franchise en est en bel exemple, puisqu’elle permet de se défaire, en les externalisant, des contraintes (espace de stockage, personnel…) qui rendent le point de vente impossible à scaler. Néanmoins, l’arrivée du numérique tend à favoriser l’émergence de modèles scalables.
 
Et pour commencer, une entreprise peut s’attaquer à une partie de son modèle économique. La dématérialisation permet ainsi d’augmenter le potentiel de distribution ou de promotion d’un produit tout en en réduisant les coûts. Logiciels et livres électroniques en sont un bel exemple, mais il peut aussi tout simplement s’agir d’un catalogue en ligne. L’automatisation, elle, rend certaines tâches plus scalables. On peut ici imaginer de proposer à ses clients d’effectuer automatiquement des devis en ligne, ou de développer un chatbot pour son service client. Outsourcer une partie de la production ou du travail, parfois même à ses utilisateurs, peut aussi être une solution efficace. C’est ainsi que Tripadvisor laisse à ses utilisateurs le soin de référencer et de noter les établissements, ou que Airbnb peut distribuer son service infiniment à un coût marginal quasiment nul et sans investissement immobilier. Et les possibilités sont multiples…
 
Ces changements se font néanmoins à la marge, et pour pouvoir profiter d’un modèle scalable comparable à Uber, par exemple, il est nécessaire de s’attaquer à la transformation de son modèle économique (lien), et peut-être même d’accepter de changer de métier…Car si la scalabilité menée à son bout permet d’externaliser une partie de ses risques, encore faut-il accepter de ne plus maîtriser l’ensemble de sa chaîne de valeur. En effet, devenir le Airbnb de son secteur suppose bien de passer d’une activité d’hôtelier à celle de courtier...C’est là la troisième étape de la transformation des business à l’ère digitale. C'est là le hic ! Car si la scalabilité peut représenter une fin alléchante, comme le démontre le succès des GAFA et compagnie, attention car ces dernières reposent sur un modèle prédateur qui est de plus en plus décrié. Les nouvelles plateformes émergentes tentent, elles, d'embrasser la complexité et d'aligner les intérêts, comme nous l'avons remarqué au SXSW

 


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