La tech va-t-elle sauver la sexualité, ou détruire nos relations ? Experts de la tech, du sexe et de la sociologie sont montés sur la scène de la Petite Halle pour nous éclairer sur le sujet.
 
Innover dans le domaine du sexe est un parti pris très prometteur. C’est en tout cas la conviction de Maëva, qui a fondé le premier SextechLab de France pour faire avancer les choses dans le domaine. Parce que pour l’instant, la question est encore taboue. En effet, les investisseurs, les entrepreneurs et les partenaires craignent d’avoir une certaine étiquette et l’Etat soutient rarement ce genre de projets. Pourtant, le secteur du sexe a toujours été pionnier en terme d’innovation (de l’arrivée des cassettes jusqu’à la réalité augmentée).
 
La sextech peut même porter des projets d’utilité publique ! L’exemple type est justement lauréat du premier hackathon organisé par le SextechLab : Ali(x), chatbot conçu pour répondre aux questions des 13-18 ans sur la sexualité. “Ce n’est pas avec 2 interventions au lycée que les jeunes vont pouvoir parfaire leur apprentissage sexuel, alors ils ont recours à des forums, des sites pornographiques bien loin de la réalité”, rappellent les étudiants de l’école 42 et de ECV Digital à l’initiative du projet.
 
Un chatbot, pourquoi pas, mais que penser de la sextech quand elle va plus loin ? La pornographie en réalité virtuelle et les poupées robots vont-ils se substituer aux relations physiques ?
 
Pour Agnès Giard, anthropologue et Gaël Chatelain, responsable innovation chez Marc Dorcel, la réponse est non. En tout cas, on a encore beaucoup de temps devant nous. “Pour qu’un fantasme se crée il faut que ça se rapproche totalement du réel, qu’on ne puisse pas faire la différence entre un robot et un humain, comme c’est le cas dans Westworld”, nous explique G. Chatelain. Le travail d’A. Giard sur les “love dolls” au Japon va également dans ce sens : ces poupées sont achetées par une extrême minorité de Japonais, et l’enjeu est davantage social que sexuel. Les pâles copies d’humains comme objet de fantasme, ça ne fonctionne pas !
 
La sextech aurait donc de l’avenir si elle prend plutôt le parti de servir les relations humaines, de venir s’y greffer. A la fin de la conférence, une démonstration en live nous montre qu’il est possible de contrôler un sextoy connecté… par la pensée.
 
Toutes ces initiatives montrent bien que l’humain a toute son importance dans ce secteur et que la technologie n’est là que pour accentuer notre plaisir et entretenir le jeu. Alors n’ayons plus peur !

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