Timothée notre nouveau stagiaire IT est adhérent au premier supermarché coopératif de Paris : La Louve. Comme nous suivons de près le marché du retail, le modèle participatif de cette enseigne aux 5000 adhérents nous a intéressé et nous lui avons demandé de nous en dire un peu plus.

Origines de la Louve

La Louve est un projet qui date de plusieurs années. Avant d’ouvrir en automne 2015 dans le 18ème arrondissement de Paris, le magasin a été pendant un temps une épicerie temporaire. Les fondateurs, deux Américains vivant en France, se sont inspirés d’un modèle similaire à Brooklyn. Il s’agit du Park Slope Food Coop, créé en 1973 et devenu le supermarché le plus rentable au mètre carré du pays ! Timothée est adhérent à La Louve depuis l’été 2016, curieux de voir comment l’organisation s’y déroulait et désireux d’acheter de meilleurs produits.

Comment s’organise la Louve ?

Le principe est simple, environ 100€ (10€ pour les bénéficiaires de minimas sociaux) sont nécessaires pour devenir adhérent, accéder au supermarché et y acheter des produits. A Paris, le modèle s’appuie sur 5000 adhérents bénévoles, venant participer à la vie du point de vente 3 heures toutes les 4 semaines. Ces créneaux sont établis suivant les disponibilités de chacun, et les tâches sont diversifiées : tenue de caisse, mise en rayon, réception de livraisons, nettoyage…Chaque créneau horaire est supervisé par un adhérent, qui arrive à la Louve 15 minutes avant le début du service, afin d’organiser le roulement des équipes. L’apport en capital par les adhérents en amont, tout comme leurs heures de travail bénévoles sont les 2 leviers utilisés afin d’assurer des prix globalement plus bas. 
 

A côté, il existe aussi des groupes de travail dans lesquels les adhérents peuvent s’inscrire. Timothée fait par exemple partie du groupe informatique, où il participe au développement du site Internet. La Louve compte également 7 salariés (les 2 fondateurs y compris) présents tous les jours. Ils assurent la continuité du concept en s’occupant des tâches nécessitant un suivi régulier et constant par un point de contact identifié par les fournisseurs et partenaires. Tâches administratives, achats, logistique, relation avec les fournisseurs... passent par ces employés. Des assemblées générales ont lieu régulièrement afin que tous les adhérents aient une visibilité sur ce qu’il se passe à la coopérative.

Comment sont choisis les produits ?

Les produits de la coopérative sont choisis en prenant en compte certains principes comme le goût, la durabilité environnementale et les conditions de travail des producteurs. La Louve souhaite avant tout ouvrir ses portes à tout consommateur et tout budget, et propose ainsi plusieurs versions d’un même produit : grande marque, bio, local… Les fruits et les légumes, eux, viennent d’une coopérative bio et ce n’est pas le choix qui manque : trois chambres froides leur sont consacrées. Pour proposer des produits au plus proche des attentes des adhérents, les suggestions sont les bienvenues ; c’est pourquoi un livre est laissé à leur disposition. Ceux-ci se diversifient de plus en plus ; dernièrement, le vrac a par exemple été ajouté. Contrairement à un supermarché classique, la marge appliquée est la même pour tous les produits ; la plupart seront donc moins chers qu’ailleurs, tandis que certains autres le seront un peu plus. Mais globalement, le modèle coopératif de La Louve permet de vendre des produits aux prix raisonnables.

L’intérêt du modèle coopératif

Ce que Timothée apprécie chez La Louve, c’est son fonctionnement coopératif. Ainsi chaque adhérent est muni d’une voix au conseil d’Administration et ce quelque soit son apport initial. Cela permet de s’assurer que l’évolution du concept corresponde à l’ensemble des adhérents et non pas à une poignée de personnes détenant le gros du capital. Enfin cet ‘intéressement’ n’est pas anodin, et permet de ‘responsabiliser’ tout un chacun, comme le note Timothée : “personne ne râle s’il faut attendre à la caisse, et les adhérents font attention à prendre les produits dont la DLC est plus proche”. 
 
S’il existe une seule Louve en France, le concept se développe sur l’ensemble de l’hexagone et d’autres supermarchés collaboratifs se sont ouverts dans plusieurs villes comme Bordeaux, Montpellier, Toulouse ou Lille.
 

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