En matière de tri, c'est la taille qui compte !

Nous décidons souvent qu’un objet est un déchet parce que nous ne savons pas où le mettre ni quoi en faire. Un déchet n’est donc pas condamné à rester un déchet. Il lui suffit d’être dans une autre situation pour que nous changions de regard sur lui...et choisissions de lui donner une seconde vie.

1. Le recyclage commence chez soi

Les individus ne décident pas de recycler une fois sortis de chez eux, devant les conteneurs de leur immeuble. Le sort d’un déchet se décide d’abord chez eux ; dans leur cuisine, dans leur salon, dans leur salle de bain.

2. Or, recycler suppose un aménagement particulier de l’intérieur

Le tri multiplie les poubelles ; diminue leur temps de remplissage et augmente la durée de stockage des déchets. Cela suppose donc d’avoir de l'espace disponible. Mais l’espace ne suffit pas : il faut aussi la volonté d’accorder une place à ces déchets. Au préalable, cela implique de leur avoir redonné une valeur (réutilisation, consigne, etc.) : ce ne sont dès lors plus des déchets à évacuer mais des objets à conserver.

3. Mais cette organisation n’est pas donnée à tout le monde

D’abord, par manque d’espace disponible. Ensuite par manque de place, c’est-à-dire par manque de considération pour le déchet : parce qu’il n’a pas d’utilité ou parce qu’il est sale, le déchet prend de la place. A l’inverse des autres objets qui, eux, ont leur place.

4. Et si on aidait à les gens à trouver une place pour leur déchet ?

Parce que l’aménagement de l’intérieur peut donner une place attitrée aux déchets, il aide les individus à les regarder comme des objets pouvant avoir une deuxième vie. Et donc une valeur. Julie explique par exemple ne pas avoir de place pour une seconde poubelle parce que c'est « moche », même si « maintenant ils font des poubelles couleur métal»… L’aménagement est donc un levier pour favoriser le tri des déchets.

L'étude

#GérerSonArgent

Les pratiques de tri des particuliers

Le sens commun aborde principalement les déchets sous l’angle de la saleté, et justifie la gestion des déchets par le souci de l’hygiène et de la propreté. Or le rapport des individus aux déchets n’est pas seulement pathologique : il est aussi symbolique, social et normatif. Ces variables déterminent aussi les pratiques de gestion des déchets et plus particulièrement du tri et du recyclage. Ces enseignements sont issus de notre enquête exploratoire sur la gestion et le tri des déchets par les individus.

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Contenu Gratuit

L'AUTEUR DE CETTE ÉTUDE

Marc-Antoine Morier - Anthropologie & Stratégie

Diplômé de l’EHESS, Marc-Antoine a mis ses compétences en sociologie et en anthropologie au service des entreprises. Il a rejoint unknowns en 2017 pour réaliser les enquêtes de terrain en sciences

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Marc-Antoine Morier

"Les sciences sociales offrent des méthodes et des outils pour comprendre les individus. Les utiliser, c’est se donner les moyens de saisir comment et pourquoi ils font ce qu’ils font et disent ce qu’ils disent."